Nobwin32 | 28.03.2007 | 19:53
Dans une interview exclusive accordée à l'hebdomadaire Challenges (groupe Nouvel Observateur), Ségolène Royal se dit favorable à "l'économie de marché" à condition qu'elle soit "régulée".

Ségolène Royal
(Reuters)
Pour des délocalisations défensives
"Il vaudrait mieux que le travail soit moins taxé que le capital. Si on se plaint à la fois des cotisations sur le travail et l'ISF, où trouve-t-on les recettes pour financer le fonctionnement de la société?", s'interroge la candidate socialiste. "La TVA est un impôt injuste, car il n'est pas progressif. Et si on augmente la TVA, on augmente aussi les prix". Interrogée sur les délocalisations, elle nuance sa réponse et précise être "d'accord" pour "des délocalisations défensives. Ce sont celles qui ont été anticipées et qui s'accompagnent de nouvelles créations d'emplois sur des produits plus sophistiqués, à plus forte valeur ajoutée. Si s'implanter dans un autre pays permet de réinvestir sur le territoire national pour accompagner une mutation industrielle, il n'y a rien à redire".
Le seuil de 4000 euros
"Les entreprises, elles marchent ou ne marchent pas. Moi, je veux que les entreprises réussissent et créent des emplois sur le territoire national", estime la candidate PS. "Mais je veux qu'il y ait un juste équilibre entre l'économie et le social, parce que je pense que c'est un facteur de compétitivité, et pas l'inverse". Face à l'inquiétude des cadres qui craignent de payer plus d'impôts s'ils gagnent plus de 4.000 euros, comme François Hollande l'avait un temps laissé entendre, Ségolène Royal répond: "Il ne vous a pas échappé que ce n'est pas dans mon pacte présidentiel (...) 4.000 euros, cela n'est pas du tout la même chose si vous avez un logement à payer et des enfants, ou si vous êtes célibataire et propriétaire". Et d'assurer: "Il n'est pas question de démotiver ceux qui gagnent 4.000 euros et de taxer davantage le travail". (Avec AP)