"Quelque chose s'est levé qui ne s'arrêtera pas"
Ségolène Royal appelle les socialistes à "rester unis"
nobwin32| 07.05.2007 | 15:17
"CELA VA ETRE DUR, LA GUERRE DES CHEFS, FIN DE LA BATAILLE DE LA GLACE"
Après les vives critiques à son encontre au sein du PS, la candidate défaite appelle le parti à "travailler, rénover, refonder", et assure que "les couteaux" ne sont pas "sortis".

Ségolène Royal
(c) AFP
L'ancienne candidate socialiste à la présidentielle, Ségolène Royal, a appelé, lundi 7 mai, le Parti socialiste à "rester uni", au lendemain de sa défaite à l'élection présidentielle, tout en soulignant qu'elle "ne pense pas" que l'heure des règlements de compte ait sonné au PS.
"On va travailler, rénover, refonder, préparer les prochaines échéances", a-t-elle déclaré à la presse devant son siège de campagne à Paris.
Comme on lui demandait si "les couteaux sont sortis" au parti socialiste, elle a répondu: "non, je ne pense pas".
"Dans chaque épreuve, dans chaque échéance politique, il faut en tirer les leçons et puis toujours regarder vers l'avenir", a poursuivi Ségolène Royal.
"Il faut rester unis, il faut prendre le temps de faire l'évaluation des choses", a-t-elle estimé.
"Moi, je suis heureuse d'avoir donné un message d'espoir. Je sais qu'il y a beaucoup de gens déçus et tristes, je ne veux pas qu'ils le soient, donc je prends ma force intérieure pour continuer à leur communiquer de l'énergie", a-t-elle ajouté.
Pas de règlement de compte
François Hollande, premier secrétaire du PS, avait prévenu un peu plus tôt sur France 2, qu'il "ne tolérerait" aucun "règlement de comptes" au PS au moment où il y a "un défi à relever", avec les élections législatives des 10 et 17 juin.
Après la défaite de Ségolène Royal, qui a obtenu dimanche 46,94% des suffrages face à Nicolas Sarkozy, François Hollande a déclaré : "Il y a sans doute des décisions à prendre mais là je ne tolérerai rien", a-t-il dit, car "en ce moment, il y a un défi à relever". Selon le numéro un du PS, les législatives doivent permettre l'émergence "de contre-pouvoirs", car "ceux qui ont eu le suffrage (dimanche) veulent tout, veulent décider de tout". Il a ajouté que "Ségolène Royal a pris une force qui sera utile à la gauche".
"Mettre les compteurs à zéro"
Le porte-parole de campagne de Ségolène Royal, Vincent Peillon, a pour sa part appelé le PS à "mettre les compteurs à zéro". "Il faut franchement se tourner vers l'avenir, un mouvement s'est engagé, enfin. Il faut nous engager sur les législatives et il nous reste à faire un travail de fondation idéologique", a déclaré Vincent Peillon sur Canal Plus. Pour ce travail de "refondation politique", Vincent Peillon a souligné qu'il ne fallait "pas revenir à des gens qui ont déjà exercé la responsabilité, à la génération en arrière".
"On a entendu hier sur le plateau parler du 'fabuleux combat entre Dominique Strauss-Kahn et Laurent Fabius'. Mais le peuple de gauche n'en veut pas, nous voulons aller de l'avant. Rangez vos querelles d'ego dans les poches revolver de vos costards", a-t-il poursuivi. Pour Vincent Peillon, l'avenir du PS "ce n'est pas François Hollande, c'est tous les autres". "Ségolène Royal a dû mettre les compteurs à zéro, maintenant travaillons pour une politique nouvelle".
Dans le même temps, le président du groupe PS à l'Assemblée nationale, Jean-Marc Ayrault, a estimé lundi que Ségolène Royal "doit être au cœur" de la bataille des législatives et que "l'entreprise de rénovation qu'elle a engagée doit se poursuivre".
"Une gauche qui s'assume"
Pour lui, "les Français attendent une vraie rénovation d'une gauche qui s'assume, qui à la fois est fidèle à ses valeurs et en même temps qui s'inscrit dans la modernité d'une gauche social-démocrate populaire qui rassemble large et qui s'associe à d'autres formations, en particulier de la gauche européenne". "Le PS n'a pas fait suffisamment l'analyse de son échec de 2002. Tout le monde a une part de responsabilité, qu'il s'appelle Laurent Fabius ou Dominique Strauss Kahn", a-t-il assuré.
"Jamais la gauche n'a été aussi faible"
Dimanche soir, à l'annonce des résultats, plusieurs éléphants du PS, ont critiqué la campagne de leur candidate. Pour Dominique Strauss-Kahn, "jamais la gauche n'a été aussi faible". Je pense à ces millions de Français ou de Françaises qui, dès le premier tour, n'ont pas porté leur suffrage sur la gauche parce qu'il n'ont pas vu dans la gauche la possibilité de porter leur espoir de changement", a-t-il expliqué sur France 2. "La gauche française n'a toujours pas fait sa rénovation, depuis cinq ans nous ne nous sommes pas renouvelés", a jugé le député du Val d'Oise.
De son côté, Laurent Fabius a estimé que le PS n'avait "pas convaincu suffisamment que [sa] candidate pouvait être chef de l'Etat". Pour Bernard Kouchner, ancien ministre socialiste de la Santé, "si l'on veut convaincre, et nous n'avons pas été capables de le faire car une défaite n'est pas un vrai succès, eh bien, il faut en effet regarder le monde avec d'autres yeux".
"On n'a pas fait ce que l'UMP a fait"
Jean-Louis Bianco, l'un des deux directeurs de campagne de Ségolène Royal, a estimé, lundi matin, qu'il avait manqué au PS "une vraie rénovation idéologique" pour avoir une chance de gagner l'élection présidentielle.
"Qu'est-ce qui a manqué le plus?", s'est interrogé Jean-Louis Bianco sur i>Télé. Et de répondre: "Là-dessus, je suis d'accord avec Dominique Strauss-Kahn, c'est qu'on n'a pas fait, malgré les progrès, une vraie rénovation idéologique. On n'a pas fait ce que l'UMP a fait."
"On a tous notre part de responsabilité et c'est Ségolène qui a dû bousculer les lignes en trop peu de temps. Donc il faut continuer ce travail de rénovation et pas tirer les uns sur les autres", a ajouté l'ancien ministre de François Mitterrand.