Ségolène Royal est venue soutenir Michèle Delaunay, candidate socialiste "pas virtuelle" aux législatives à Bordeaux, opposée à Alain Juppé, dont l'ex-candidate à la présidentielle n'a jamais cité le nom.
Sur la place de la Bourse, près de la Garonne, elle a dénoncé les "méthodes politiques d'un autre âge" du maire de la ville qui est également ministre de l'Ecologie et n'a pas caché qu'il remettrait son mandat à son suppléant en cas de victoire dimanche.
Au premier tour des législatives, l'ancien Premier ministre de droite a recueilli 43,73% des suffrages contre 31,36% à Michèle Delaunay.
"Quand on est candidat, c'est pour siéger à l'Assemblée nationale or, on le sait, le candidat de l'UMP démissionnerait immédiatement pour retourner sous les lambris dorés de son ministère", a déclaré la présidente de la région Poitou-Charentes juchée sur un banc de pierre avec les candidats de gauche du département, dont le Vert Alain Mamère.
"Ce n'est pas conforme à ce que veulent les citoyens. Avec Michèle Delaunay, vous aurez une députée, une vraie, pas une députée virtuelle, une députée engagée", a-t-elle poursuivi. "Dimanche, tous les yeux seront tournés vers cette circonscription".
Elle a adressé son message à toute la gauche mais également "aux électeurs centristes pour que le pluralisme existe à l'Assemblée" et aux "électeurs démocrates et républicains qui pensent que la morale politique c'est que quand on est candidat à un mandat, c'est pour exercer ce mandat".
Voter pour la candidate socialiste, c'est également faire avancer la parité à l'Assemblée nationale, a fait valoir la première femme à avoir eu une chance d'accéder à l'Elysée.
Lundi soir, Ségolène Royal s'était emportée contre un reportage de France 2 sur l'élection à Bordeaux, dénonçant le fait que le nom de la candidate socialiste ne soit jamais cité. "C'est bien, vous vous connaissez son nom", a-t-elle plaisanté devant un demi-millier de personnes qui scandaient "Michèle députée !".
Dans une ville gérée depuis 60 ans par la droite, Ségolène Royal a obtenu plus de 54% le 6 mai.
"Je vous demande de transformer ce formidable résultat de l'élection présidentielle en victoire dimanche prochain", a-t-elle lancé à la foule après avoir parcouru les rues piétonnes de Bordeaux au côté de Michèle Delaunay.
Source : Reuters
'est un réflexe pavlovien au Parti socialiste : au lendemain d'une défaite, la zizanie interne repart de plus belle. Le 6 mai, à peine la défaite de Ségolène Royal était-elle annoncée que Dominique Strauss-Kahn dressait un réquisitoire implacable sur la responsabilité de François Hollande. Rebelote le 10 juin. Au soir d'une vague bleue qui a sonné le PS - même s'il s'en sort mieux en voix qu'en 1993 et en 2002 -, les divergences au sommet du parti, illustrées par deux discours fort différents de M. Hollande et de Mme Royal, resurgissaient. Manuel Valls, maire d'Evry et député de l'Essonne, qui brûle de mettre ses talents au service de la rénovation du PS, exprimait aussitôt son ras-le-bol de voir son parti tourner "autour de la vie d'un couple".