L'ex-candidate socialiste à la présidentielle Ségolène Royal a espéré mercredi que Nicolas Sarkozy réagirait à la décision de la Banque centrale européenne (BCE) de relever son taux directeur à 4%.
Lors d'un point de presse à Maizières-les-Metz, où elle était venue rencontrer les candidats PS de la région, Mme Royal a espéré que le président de la République "va réagir" puisqu'il "s'était engagé pendant la campagne à ne pas laisser la BCE décider de façon unilatérale de la hausse des taux".
"Cette augmentation des taux va entraîner une augmentation du coût de la dette" publique et va "mettre en difficulté les industriels", a-t-elle argué.
Cette décision, qui frappe "de plein fouet l'industrie exportatrice", "mérite une réaction de la part des autorités françaises", a ajouté Mme Royal.
"L'urgence, c'est de mettre en place un gouvernement économique européen" a affirmé Mme Royal, qui a relevé "un écart entre discours et actes de Nicolas Sarkozy". "Les exigences électoralistes sont passées avant la défense des citoyens", selon elle.
La Banque centrale européenne (BCE) a décidé mercredi de relever d'un quart de point à 4% son principal taux directeur.
Elle appelle Sarkozy à s'opposer au bouclier anti-missiles en Europe
Ségolène Royal a appelé mercredi Nicolas Sarkozy à s'opposer lors du G8 au déploiement de missiles anti-missiles américains en Europe, que refuse la Russie. Mme Royal a appelé le président de la République à "s'opposer à l'installation de ce système en Europe", qui, selon elle, comporte "un risque d'escalade". Ce système comporte un risque de "division entre pays européens" et un "risque de surenchère", a souligné Mme Royal lors d'un point de presse à Maizières-les-Metz où elle était venue rencontrer les candidats PS de la région de Moselle. En outre, a-t-elle ajouté, "il appartient à l'Europe de définir sa propre stratégie de défense commune". Par ailleurs, l'ex-candidate a réitéré sa position concernant la situation au Darfour.
Constatant que la proposition d'un corridor humanitaire a tourné court, elle a estimé qu'il "faut trouver autre chose". Le G8, a-t-elle dit, est "une opportunité de demander des explications à la Chine". "Je ne suis pas favorable par principe à l'idée de boycott, mais face à l'urgence, et si on veut que les pays concernés sortent de leur inaction, la question doit être évoquée au G8", a-t-elle estimé. Pour elle, la menace de boycott des jeux Olympiques de Pékin "pourrait être efficace pour que la Chine intervienne auprès du Soudan".
Enfin, à propos du réchauffement climatique, elle a jugé "très important que l'Europe fasse pression sur les Etats-Unis et la Chine" pour qu'ils s'engagent de "façon très claire" à réduire les gaz à effet de serre. "S'ils s'y engagent, l'ensemble de la planète réussira à remplir les objectifs du protocole de Kyoto", a dit Mme Royal. Pour elle, "il y a un ramollissement" sur ce sujet, avec "toujours de très beaux discours" qui ne sont pas suivis d'actes. Il y a "une urgence absolue" et il faut un sursaut de courage "afin que cette échéance du G8 ne soit pas une occasion manquée avec seulement à la fin des communiqués communs de principe".
Source : AFP

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