Selon la direction du PS, les rapprochements opérés dans ces villes se sont noués en toute clarté. Fruits "de ralliements individuels et non d'un accord de parti à parti", ils respectent les trois conditions fixées par le premier secrétaire pour inclure des personnalités extérieures ; se situer dans l'opposition, adhérer au projet municipal et accepter de cohabiter avec toutes les composantes d'union de la gauche.
Les socialistes dissidents qui, comme c'est le cas au Blanc-Mesnil (Seine-Saint-Denis), fief de Marie-George Buffet, ont constitué une liste avec le MoDem contre le PCF, ont été exclus, fait-on valoir rue de Solferino.
Lors du deuxième tour, les rapprochements avec les centristes seront sans doute plus nombreux. A Paris, Bertrand Delanoë a préparé le terrain et fixé les règles.
Pourtant, certains responsables redoutent que, sentant la victoire possible, nombre de têtes de liste socialistes ne soient tentées localement de se lancer entre les deux tours dans des opérations incontrôlées de rapprochement avec le parti de François Bayrou et ne s'affranchissent des conditions posées au plan national.
"Au deuxième tour, le MoDem fera payer beaucoup plus cher son ralliement", prévient François Rebsamen, numéro deux du PS et maire sortant de Dijon qui a préféré "s'allier dans la clarté, dès le premier tour".
En revanche, François Hollande, qui n'a jamais caché son hostilité à l'égard du MoDem, ne croit pas au risque d'un mouvement incontrôlé de convergences socialo-centristes entre les deux tours. " Nous serons en position de force pour maîtriser le processus", considère le premier secrétaire. " Les choses sont assez simples, résume M. Hollande. Là où il dépassera les 10 %, le MoDem se maintiendra ; ailleurs, il se retirera en donnant les consignes qu'il voudra".
Quelle que soit l'issue des élections municipales, tous les dirigeants socialistes s'accordent à penser que les questions liées à l'apparition du MoDem - un parti qui fait plutôt le jeu du PS aux municipales mais lui pose un épineux problème à la présidentielle - imposent de mettre à profit le prochain congrès pour clarifier leur stratégie d'alliance. Celle-ci est remise en question par la prise d'autonomie des centristes mais aussi par l'effondrement des partenaires de gauche traditionnels.
" Le réalisme commande de ne pas négliger le MoDem, même si l'équation est complexe, mais le plus important est de savoir si nous serons capables d'apporter des réponses aux questions posées par les électeurs de M. Bayrou au premier tour de la présidentielle", assure Dominique Bertinotti, maire PS du IVe arrondissement de Paris.



