"C'est un conseil national d'après-victoire. Il est difficile d'imaginer une réunion très tendue", a déclaré le secrétaire national Bruno Le Roux. La réunion sera ainsi l'occasion de féliciter les maires victorieux, dont Gérard Collomb, élu dès le premier tour à Lyon et président du conseil national.
Ce conseil national doit aussi définir le "processus de rénovation" du parti. Objectif : éviter la répétition des échecs aux élections présidentielle et législatives. Pour cela, une nouvelle "Déclaration de principes" – ce qui fonde l'identité socialiste – doit être rédigée et des propositions faites pour aménager les statuts.
La direction propose que le congrès se tienne du 7 au 9 novembre. Il pourrait avoir lieu à Toulouse, une ville tout juste conquise par la gauche lors des municipales. Il aura à trancher les points les plus controversés : stratégie d'alliances du parti, procédure de désignation du candidat à la présidentielle, orientation politique et... désignation du premier secrétaire.
"ÉVITER UN NOUVEAU CONGRÈS DE RENNES"
Ségolène Royal a déjà annoncé sa volonté de prendre la tête du parti, dans la perspective d'une nouvelle candidature à l'élection présidentielle en 2012. Elle dit "se sentir majoritaire" au sein de son parti, avec le texte d'orientation qu'elle entend défendre au congrès. Mais, selon certains concurrents, elle n'aurait le soutien que d'un quart ou un tiers des militants.
Si le maire de Paris, Bertrand Delanoë, n'a pas révélé ses intentions, de nombreux socialistes lui prêtent l'ambition de briguer la succession de François Hollande. De leur côté, Pierre Moscovici, ancien ministre des affaires étrangères, et Julien Dray, ancien porte-parole du PS, se sont officiellement déclarés candidats à ce poste.
Quatre jours avant le conseil national, l'ancien premier ministre Lionel Jospin – non membre de cette instance – est entré dans le jeu pour tracer le portrait du futur leader : une "personnalité dotée d'une culture et d'une expérience politiques indiscutables", qui "connaisse le PS et respecte ses militants". Un portrait qui correspond peu ou prou à celui de M. Delanoë et de Martine Aubry. Largement réélue le 16 mars, celle-ci pourrait prendre la parole devant le conseil national, selon son entourage.
De leur côté, les reconstructeurs – strauss-kahniens, fabiusiens, partisans d'Arnaud Montebourg et de Martine Aubry – disent vouloir "éviter un nouveau congrès de Rennes", en l'occurrence un affrontement Royal-Delanoë. Ils veulent donc centrer le débat sur le projet. Ils proposent un premier secrétaire chef d'équipe, capable d'animer une direction resserrée et véritablement collégiale d'ici à la désignation, en 2010 ou 2011, du candidat pour la présidentielle de 2012.
L'aile gauche du parti entend peser dans les débats. Jean-Luc Mélenchon souhaite que "la gauche du PS retrouve du poids" et affirme qu'il veut aider à la rassembler. "Pour certains, mieux vaut la lutte des places que la lutte des classes", a-t-il déploré.
Enfin François Hollande, fort de sa victoire personnelle en Corrèze lors des élections cantonales, pourrait jouer le rôle d'arbitre. Un soutien de sa part pour l'un des candidats à sa succession au poste de premier secrétaire pourrait faire la différence.

