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«Il faut que les socialistes aient le courage de remettre en cause un certain nombre de dogmes et de slogans pour vraiment inventer le socialisme du réel et du 21ème siècle.»
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Les reconstructeurs socialistes bâtisseurs de dissensions
LIRE L'EXTRACTION
En vrac, on apprend:
- L'annulation du "déjeuner du mardi" institué en décembre entre les leaders reconstructeurs (Cambadélis, Montebourg, Bartolone)
- Que le mouvement non concerté de Montebourg vers Moscovici et de Bartolone vers une candidature a de fait souligner les faiblesses d'un édifice bâti sur une absence d'idées fortes en commun
- Qu'après une main tendue à Delanoe, Cambadélis tend aussi une main à Moscovici qui la rejette aussitôt
Bref, les critiques que plusieurs ont formulés ici dès décembre se sont révélées justes: leur "pas de leader, on verras les convergences plus tard" s'est bel et bien transformé en "moi d'abord et les autres après"
Les socialistes, au sortir des municipales, s’étaient fixés une ligne de conduite : le «vivre ensemble». Encore faudrait-il parvenir à en respecter les étapes intermédiaires, notamment celle du «petit déjeuner ensemble».
Mardi, celui qui réunit traditionnellement le groupe des «reconstructeurs» a été annulé. Motif officiel : «Je ne pouvais être là, j’ai donc proposé le report», explique Jean-Christophe Cambadélis, proche de Dominique Strauss-Kahn et principal mécanicien de ce rapprochement hétéroclite entre partisans d’Arnaud Montebourg, DSK, Martine Aubry et Laurent Fabius. Premier lieutenant de ce dernier, Claude Bartolone, lui, présente une autre version : «On s’est dit qu’il valait mieux se donner le temps de la réflexion...»
C’est qu’entre la récente candidature de Bartolone à la succession de François Hollande, et la contre-attaque lancée dans la foulée par Montebourg, qui se rallie à celle de Pierre Moscovici, il y a, assurément, de la déconstruction dans l’air. Un reconstructeur soupire : «Chacun est dans une stratégie pour exister. Montebourg ne veut pas être marginalisé, les fabiusiens refusent de se cornériser et Moscovici veut prospérer. C’est un combat de maintenir tout le monde ensemble...»
Flashback. Fin mars, Claude Bartolone, dans le Parisien, déclare son appétit pour le job de premier secrétaire : « Je fais partie des 5 ou 6 responsables politiques qui [...] peuvent prétendre au poste.» Du côté de Pierre Moscovici, candidat de longue date, comme d’Arnaud Montebourg, chef de file de Rénover Maintenant, «ça a mis le feu aux poudres, rapporte-t-on autour de ce dernier. Bartolone candidat, c’est le retour du vieux parti, et ça ne passe pas.» Sans tarder, un deal est passé entre les deux députés. «Notre candidat au premier secrétariat sera Pierre Moscovici, proclame Arnaud Montebourg. Il faut faire un saut générationnel.» Moscovici confirme : «Il faut sortir des réseaux claniques, porter quelque chose d’innovant et offrir un espoir aux militants. Mon rapprochement avec Arnaud me paraît répondre à ces critères.»
Ironie de l’histoire : les reconstructeurs, officiellement conçus pour empêcher un affrontement annoncé entre Ségolène Royal et Bertrand Delanoë, sont à leur tour traversés par le choc des personnalités... La question de leur candidat serait-elle d’actualité ? Montebourg en est persuadé : «Au lieu de faire des réunions à quinze, où on ne sait pas qui décide, là, on avance.» Mais pour d’autres, voulant ménager un rapprochement avec Delanoë, il faut attendre : «Si on dit d’emblée que les reconstructeurs rassemblent les gens qui veulent que Mosco soit premier secrétaire, ça ne peut pas marcher, dit un proche de DSK. Pour construire un front large, laissons cette porte ouverte.» Jean-Christophe Cambadélis, qui prépare les «ateliers de la reconstruction», le 1er juin, tente de calmer le jeu : «Qu’y a-t-il de nouveau là-dedans ? Simplement le fait que Moscovici rejoigne de manière plus sérieuse les reconstructeurs.Je lui souhaite la bienvenue.» Mais l’intéressé décline : «Qu’on ne me récupère pas, dit Moscovici. Je regarde sans hostilité, mais sans y adhérer.» Un socialiste résume : «Tout ça fout le bordel chez eux. Il y a maintenant compétition ouverte entre Cambadélis et Bartolone d’un côté, Moscovici et Montebourg de l’autre.»
«Casus belli». Au-delà de la question du leader se pose aussi celle de la stratégie en vue du congrès. Et donc de la posture à adopter vis à vis de Delanoë et Royal. Lors de la réunion, fin mars, de Rénover Maintenant, le courant de Montebourg, la récente «main tendue» de Cambadélis au maire de Paris a été perçue comme la constitution d’un «tout sauf Ségolène», et qualifiée, par plusieurs participants, de «casus belli». De quoi pointer, du côté du canal historique des reconstructeurs, le royalisme présumé des deux nouveaux alliés. «Montebourg et Moscovici cherchent à préserver leurs arrières, lâche Bartolone. Ils se disent que si ça ne marche pas avec les reconstructeurs, ils iront chez Ségolène Royal.» Les deux associés partageraient-ils ce dessein ? «C’est une plaisanterie, nie Pierre Moscovici. Ce procès en royalisme m’insupporte. Je l’ai vue deux fois et demi depuis l’été, alors camembert.» Les vues d’Arnaud Montebourg, elles, diffèrent : «Je ne marcherai pas dans le "Tout sauf Ségolène". Si j’étais obligé de choisir, je choisirai Royal.» Difficile d’adopter une position commune…
UNE PLAINTE VISANT SARKOZY ET L'INTERIEUR SERA INSTRUITE.
AP/WIN32
La première dépêche de l'agence Reuters est tombée vendredi 11 avril à 16h10, elle est titrée : << Une plainte visant Sarkozy et l'Intérieur sera instruite >>. Elle stipule : << La cour d'appel de Paris a ordonné vendredi que soit instruite une plainte pour "favoritisme" déposée en mars 2007 par la direction du casino de Gujan-Mestras (Gironde), qui met en cause le ministère de l'Intérieur lorsqu'il était dirigé par Nicolas Sarkozy. Contre l'avis du parquet, la chambre de l'instruction de la cour d'appel a ainsi confirmé une ordonnance rendue en novembre dernier par Françoise Néher, juge d'instruction à Paris, a dit une source judiciaire. >>. L'agence AP a également rédigé une dépêche à 17h05, relatant les mêmes faits tout de suite. Reuters a ensuite rédigé une dépêche plus longue sur ce sujet.
Sans rien présager des suites de cette plainte, son instruction est une information. Information dont, 24 heures plus tard, il est encore difficile de trouver une quelconque trace dans les dépêches de l'Agence France Presse. Juste un petit retard, sans doute

Jean-Pierre Raffarin et Ségolène Royal (avec AFP)
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Dans un marché de Port-au-Prince (Reuters)