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«Il faut que les socialistes aient le courage de remettre en cause un certain nombre de dogmes et de slogans pour vraiment inventer le socialisme du réel et du 21ème siècle.»
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le dernier volet du voyage en INDE de SEGOLENE ROYAL.

Par DA32 :: vendredi 25 avril 2008 à 16:05 :: ACTIVITE DE SEGOLENE ROYAL

Chers amis

Pour des raisons d’emploi du temps, je n’ai pas pu vous faire part des entretiens que j’ai eus avec le Premier ministre indien, Manmohan Singh et Sonia Gandhi avant aujourd’hui. En voici la teneur :

Au début de notre entretien j’ai fait observer que les unes des journaux indiens étaient les mêmes que celles des journaux Français. La flambée des prix alimentaires et le problème des OGM, autant de questions qui se posent en Europe comme en Asie ou en Amérique !

J’ai souhaité aborder le cas d’Arcelor Mittal. J’ai expliqué le ressentiment justifié des salariés face à cette délocalisation. Manhmohan Singh m’a répondu sans détour que les entreprises doivent faire preuve de responsabilité à l’égard des territoires sur lesquels elles sont implantées.


Bien d’autres points ont également été évoqués :

L’Inde apprécie le soutien que lui apporte la France dans sa candidature à un siège permanent au Conseil de sécurité, dans l’élargissement du G8 aux pays émergents et dans la mise au point d’un statut particulier devant permettre à l’Inde de reprendre ses coopérations nucléaires civiles avec le reste du monde.

S’agissant des échanges économiques, la France exporte vers l’Inde deux fois moins que le Royaume-Uni ou l’Allemagne mais son commerce avec l’Inde est équilibré (2,5 milliards d’euros dans chaque sens) et les exportations françaises augmentent rapidement. L’objectif est de doubler les échanges d’ici 2012. J’ai indiqué que nous devions favorisons une politique d’investissement industriel français en Inde et indiens en France.

Plusieurs centaines de milliers d’étudiants indiens poursuivent leurs études supérieures à l’étranger et d’abord dans les pays d’expression anglaise. La France n’en reçoit que 1 500 alors qu’elle reçoit 17 000 Chinois. Une politique active visant la promotion des études supérieures en France a donc été engagée depuis plusieurs années, notamment avec le concours de certaines Régions et de Campus France. Cette politique doit être une priorité.


Les questions internationales globales ont fait l’objet d’un tour d’horizon complet :

Environnement et changement climatique


L’Inde est consciente de l’impasse écologique dans laquelle elle risque de se trouver par une pression démographique croissante sur une terre que le changement climatique affectera durement. Cependant, elle estime que les pays industrialisés doivent prendre leurs responsabilités les premiers et qu’elle ne saurait adopter des politiques qui freineraient sa croissance économique, clé de la baisse de la pauvreté. Il faut trouver des formules qui permettent de financer sans surcoût l’accès aux technologies propres.

Terrorisme

L’Inde est durement frappée par le terrorisme islamiste du fait de la question du Cachemire et de l’existence de cellules liées à Al Qaida dans certaines villes. Elle attache une importance capitale à la coopération internationale. Elle souhaite que les pays occidentaux restent vigilants à l’égard du Pakistan.

Multilatéralisme

L’Inde estime qu’elle n’occupe pas la place qui lui revient dans les instances multilatérales (Conseil de sécurité, FMI, Banque mondiale, G8). Elle apprécie la position de la France et avait apporté son soutien à la candidature de Dominique Strauss-Khan au FMI parce que celui-ci portait un message d’ouverture aux pays émergents.



Sur le plan régional, l’objectif de l’Inde est d’assurer la paix et la stabilité.

Chine et Tibet

La Chine est le grand rival de l’Inde. Personne n’a oublié l’invasion de 1962. La Chine revendique encore une partie du territoire de l’Etat indien au Nord Est (l’Etat de Arunachal Pradesh). Néanmoins, les deux pays se sont entendus depuis plusieurs années sur une politique de normalisation progressive et la Chine est le premier partenaire commercial de l’Inde.

En ce qui concerne le Tibet, l’Inde accueille depuis 1959 le Dalaï Lama et quelques 150,000 réfugiés tibétains. Dans leur grande majorité, les Indiens considèrent le Dalaï Lama comme un grand leader religieux et une personnalité attachée à la non-violence, et ont de la sympathie pour les revendications tibétaines. Si l’Inde appelle la Chine au dialogue et au respect de l’identité culturelle tibétaine, elle prend soin de ne rien faire qui puisse être interprété par Pékin comme un appui aux séparatistes.

Iran

L’Inde entretient des relations très anciennes et très proches avec l’Iran. Si elle approuve la politique internationale visant à prévenir l’accès de l’Iran à l’arme nucléaire, elle estime que les sanctions sont inefficaces et craint une offensive militaire qui serait une catastrophe humaine, politique et économique.

Pakistan

Depuis plusieurs années, l’Inde et le Pakistan conduisent avec difficulté mais constance un processus de normalisation. Au lendemain de l’attentat qui a coûté la vie à Benazir Bhutto, l’Inde a suivi avec anxiété les élections et a vu, avec soulagement, l’arrivée au pouvoir de la nouvelle coalition. Elle est cependant sceptique sur la solidité de cette alliance et se demande dans quelle mesure les services secrets pakistanais, qu’elle accuse de soutenir les mouvements séparatistes au Cachemire et de laisser faire des opérations terroristes, accepteront une complète dévolution du pouvoir aux civils.

Birmanie

L’Inde entretient avec ce pays une relation de bon voisinage et il est capital pour elle de la maintenir afin de contrôler autant que faire se peut la main-mise chinoise. Sensible à l’hétérogénéité ethnique de la Birmanie, l’Inde considère qu’un pouvoir fort est nécessaire à Rangoon pour contrôler les risques séparatistes. Dans ces conditions, si l’Inde appuie la politique de l’ONU en vue de la dévolution du pouvoir aux forces démocratiques et si elle a toujours été proche d’Aung San Suu Kyi, elle désapprouve toute tentative d’imposer des sanctions internationales à la junte. J’ai évidemment marqué mon désaccord avec cette position.

Afrique

Enfin, ma visite a coïncidé avec la conclusion du 1er sommet Inde-Afrique qui a rassemblé à Delhi une dizaine de Chefs d’Etat et de gouvernement africains. Ce premier sommet est, pour l’Inde, l’occasion de resserrer ses liens avec un continent où la Chine est particulièrement agressive mais qui recèle des ressources naturelles particulièrement nécessaires à la croissance économique du pays. Le Premier ministre était manifestement très satisfait de ce sommet.


J’ai conclu ma rencontre avec le Premier ministre et Sonia Gandhi en relevant que l’Inde fait l’objet, en France, d’un intérêt croissant qui témoigne de la vitalité de nos liens.


Ségolène Royal

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PS : Royal se prépare "bien évidemment" pour 2012

Par DA32 :: vendredi 25 avril 2008 à 12:16 :: ACTIVITE DE SEGOLENE ROYAL

PS : Royal se prépare "bien évidemment" pour 2012

win32nob| 25.04.2008 | 11:50

"C'est vrai que, pour préparer une alternance dans quatre ans, parce que ça passe vite, il faut s'y prendre tôt (...) Pour cette échéance-là, ce n'est un secret pour personne que je me prépare, bien évidemment", a déclaré l'ex-candidate socialiste, battue en 2007.

 

 

Ségolène Royal se prépare "bien évidemment" pour l'élection présidentielle de 2012, a affirmé l'ex-candidate socialiste, vendredi 25 avril sur France Inter.
Parler de la prochaine présidentielle, "ce n'est pas le moment, c'est décalé par rapport au temps, mais il ne vous a pas échappé que j'assume mes responsabilités de leader politique (...) qui me donnent des devoirs par rapport à ce qui se passe aujourd'hui", a affirmé la présidente du Poitou-Charentes en réponse à une question.

'Il faut s'y prendre tôt"


"C'est vrai que, pour préparer une alternance dans quatre ans, parce que ça passe vite, il faut s'y prendre tôt (...) Pour cette échéance-là, ce n'est un secret pour personne que je me prépare, bien évidemment", a ajouté Ségolène Royal.
L'ex-candidate PS à la présidentielle de 2007 a encore souligné qu'"il ne faut pas réduire la politique à des candidatures, à des postes, parce que ce serait totalement décalé avec ce que connaît la France aujourd'hui".

Ségolène Royal : Sarkozy a donné une " feuille de déroute "

Par DA32 :: vendredi 25 avril 2008 à 11:20 :: ACTIVITE DE SEGOLENE ROYAL

Ségolène Royal : Sarkozy a donné une " feuille de déroute "

SRC    Ségolène Royal (PS) a estimé vendredi sur France Inter que Nicolas Sarkozy avait donné, lors de son interview télévisée de la veille, une "feuille de déroute" à son gouvernement.

Le chef de l'Etat a cumulé les "aberrations", "les improvisations", les "contre-vérités". Sur la laïcité "en confirmant que les clercs et les prêtres donnaient du sens à la vie", le président a dit "des monstruosités", a jugé l'ex-candidate à la présidentielle.

M. Sarkozy a aussi fait preuve de "malhonnêteté" en imputant les difficultés de la France "à des chocs extérieurs".

"Il est en train de payer la masse des mensonges qu'il a proférés pendant la campagne présidentielle", a lancé Mme Royal estimant que la France "est tirée vers le bas".

"Le Premier ministre avait dit qu'il attendait de cette émission une feuille de route (...) Je crois que le Premier ministre a eu surtout une feuille de déroute", a déclaré la présidente de la Région Poitou-Charente.

"On est plus inquiets après l'émission qu'avant. On a le sentiment de ne pas avoir eu un président de la République hier, mais un candidat perpétuel", a-t-elle ajouté.

Quant au mea culpa du chef de l'Etat sur un certain nombre de sujets, elle y a vu "un truc de communication". "En clair, ça veut dire +je me suis trompé+", a-t-elle jugé.

Nicolas Sarkozy "n'a pas répondu sur les préoccupations des Français" notamment sur le pouvoir d'achat, privilégiant "la redistribution entre les précaires" et "a donné une image de la France en situation d'échec en particulier sur l'éducation nationale, ce qui est faux".

"Ce qui est en train de se passer, c'est de la brutalité, c'est beaucoup d'arrogance. J'ai vu un Nicolas Sarkozy parfois méprisant à l'égard des Français", a encore fait valoir la responsable socialiste.

"Sur la politique étrangère, il ne nous a pas rassuré et au contraire c'est extrêmement inquiétant", a-t-elle également affirmé, soulignant ses propos "aberrants" dans le but de "justifier qu'il se couche devant la Chine".

Source : AFP


une feuille de route bien ordonnée dans le SAC A DOS DE DA32

Par DA32 :: vendredi 25 avril 2008 à 10:07 :: Général
L'affaire Jonathan défraie la chronique sur le Net
Un fait-divers sordide. Dans la nuit du 6 au 7 août 2004, Jonathan Coulom, âgé de 11 ans, disparaît d'un centre de vacances de Saint-Brévin-les-Pins en Loire-Atlantique. Le lendemain, le corps du petit garçon est retrouvé non loin de là dans la mare d'une propriété, à Guérande, ligoté et lesté d'un parpaing. Près de quatre années plus tard, l'affaire demeure non élucidée malgré les indices recueillis par les gendarmes, témoignages, auditions, etc. Lundi, un site Internet a été inauguré par les enquêteurs dans l'espoir de relancer les investigations. L'affaire Jonathan met à la disposition des internautes les principaux éléments de l'enquête et ses dernières évolutions, les indices matériels, la chronologie des événements, jusqu'aux cartes des lieux. Une première judiciaire en France, qui, on l'espère, portera ses fruits.


La Toile mondiale qui gonfle a vue d'œil
Une carte mondiale en Flash, représentant l'évolution de la population des internautes depuis 1993 jusqu'en 2016, met notamment en évidence la progression spectaculaire de la Chine.
INCIPIT
Chaque jour, un livre en téléchargement
"Bou-Saada, la reine fauve vêtue de ses jardins obscurs et gardée par ses collines violettes, dort, voluptueuse, au bord escarpé de l'oued où l'eau bruit sur les cailloux blancs et roses. Penchés comme en une nonchalance de rêve sur les petits murs terreux, les amandiers pleurent leurs larmes blanches sous la caresse du vent... Leur parfum doux plane dans la tiédeur molle de l'air, évoquant une mélancolie charmante... C'est le printemps et, sous ces apparences de (...)" Pleurs d'amandiers, d'Isabelle Eberhardt.
RADIO-TÉLÉVISION
Un monde sans Johnny
Jean-Philippe, comédie avec Fabrice Lucchini et Johnny Hallyday. Dim. TF1, 20h50.
 
Katché aux baguettes
Camille, Morley, Jan Garbarek sur scène dans "One Shot Hot". Samedi. Arte, 22h40
 

Sérieusement drôle

"L'œil du Larynx", la chronique de François Rollin. Samedi sur France Culture, 11h55.
BRIC-À-BRAC
Hauts les cœurs !
Les 26 et 27 avril,  Parcours du Cœur, dans toute la France.


L'hyper contre-attaque
Un détournement bio de La Guerre des Etoiles, retranchée
dans un supermarché.

Messe noire classique
Le philharmonique de Radio France à la Cité de la Musique (Paris) le 27, sous la direction de Paul McCreesh.
5ème printemps Balkanique : Insolite Roumanie, jusqu'au 11 juin. A l'Est d'Eden
Après la Bulgarie, le festival Printemps balkanique célèbre pour sa 5e édition la Roumanie, avec les invités Electric Brothers, Dan Perjovschi, les créations Dreams.land. Concerts, expositions et projections. En Normandie

Revue de presse : l'interview télévisée de Nicolas Sarkozy

Par DA32 :: vendredi 25 avril 2008 à 08:32 :: LES ACTIONS SARKOZISTES

BROUILLON OPERATIF.

Revue de presse : l'interview télévisée de Nicolas Sarkozy

win332Nob | 25.04.2008 | 08:30

 

Un an après son élection, le président s'est livré hier soir à la télévision à un exercice de pédagogie, maintenant le cap sur toutes les réformes, des retraites à l'éducation en passant par le marché du travail. Les éditorialistes pointent "des faiblesses inhabituelles", mais aussi une "humilité" nouvelle.


Un discours trop répétitif, "des faiblesses inhabituelles", une "humilité" nouvelle: les éditoriaux de la presse française commentent, vendredi 25 avril, la prestation télévisée de Nicolas Sarkozy, un an après son élection et sur fond de sondages toujours plus bas.
La plupart des éditorialistes constatent que le message renvoyé par les Français, via les instituts de sondages, ont touché leur cible, Nicolas Sarkozy cherchant à modifier son style pour une posture plus présidentielle (>
lire l'article).

Voici les commentaires de la presse française:

LIBERATION
Laurent Joffrin

"Habit neuf. Le ton a changé. Mais le fond? Nicolas Sarkozy a en partie abandonné le style d'avocat gouailleur et péremptoire dont il était si content et qui lui a fait tant de mal depuis dix mois. En se détournant du clinquant initial, il a commencé, il y a quelques semaines, à retoucher son image;il tente maintenant de changer sa parole. Il a commis des erreurs; il le dit. Fort bien. Cette modestie nouvelle, il faut le souligner sans ambages, doit être portée à son crédit. Un président à la manière plus sobre, une certaine remise en ordre de l'équipe dirigeante, une lucidité inédite, tout cela ne peut pas faire de mal. La chose prouve aussi que les critiques qui lui étaient adressées n'étaient pas toutes partisanes ou infondées. Reste l'essentiel: la politique menée. (...) Mais la meilleure communication du monde ne pourra pas faire oublier, entre autres, que le pouvoir est trop concentré, que le bouclier fiscal et l'exonération des droits de succession sont injustes, que la fixation d'objectifs chiffrés en matière de reconduites à la frontière multiplie les risques d'accidents humainement insupportables en matière de politique d'immigration. Le plaidoyer soudain plus humble du Président change un peu le décor. La pièce, elle, reste rigoureusement la même."

LE FIGARO
Etienne Mougeotte

" (...) les téléspectateurs, hier soir, attendaient la confirmation, un après son élection, que +le candidat Sarko+ avait laissé la place au président Sarkozy, ce dont ils avaient pu douter dans les premiers mois du quinquennat. (...) La mue à vrai dire avait commencé depuis quelques semaines avec la nouvelle vie du président et de son épouse, décidés désormais à cadenasser leur pré carré. Les propos forts et responsables tenus par le président à l'égard de la Chine ne pouvaient que confirmer cette évolution plus conforme à l'idée qu'a une majorité de Français du magistère présidentiel. (...) Tout cela suffira-t-il à inverser les courbes de popularité du président ? les sondages réalisés aujourd'hui donneront une première indication, mais il y a fort à parier qu'il faudra beaucoup de temps pour que Nicolas Sarkozy réinvestisse le coeur des Français. Il est des moments où il faut admettre l'impopularité pour faire accepter les réformes. Le chef de l'Etat semble prêt à relever le défi en assumant sereinement cette position inconfortable."

L'HUMANITE
Maurice Ulrich

"C'était cadré avant, et c'est l'Élysée qui souhaitait cette nouvelle formule. L'émission d'hier soir devait ressembler à l'Heure de vérité, défunte émission politique qui eut ses heures de gloire. Par définition, en effet, quand c'est l'heure de vérité, il est exclu que l'on mente, on s'explique en profondeur. En d'autres termes, pas de sarkoshow, pas d'effets outrés. (...) Il fallait alors, "en direct de l'Élysée", que le chef de l'État tente de remonter la pente calamiteuse de sondages qui indiquent désormais que plus des deux tiers des Français, jusqu'à 72 %, sont mécontents de son action. De son action ou de son style ? Des deux sans doute, et le genre "nouveau riche mal élevé lâché dans un magasin de jouets pour milliardaires" y est sans doute pour quelque chose, jusqu'à travailler, dit-on, l'inconscient des Français quand ils se confient à leur psychanalyste. Il devrait donc faire sérieux. Indiquer qu'il avait entendu, écouté les malaises, ressenti les inquiétudes, surtout, qu'il les partageait, mais qu'il était en charge, lui, des affaires, que les sondages en aucun cas ne pouvaient affecter la conduite de sa politique et qu'il irait au bout des réformes car il faut les faire, quoi qu'il en coûte, quoiqu'il lui en coûte. (...)"

VOIX DU NORD
Jean-Michel Bretonnier

" (...) Les quatre-vingt-dix minutes d'hier soir étaient l'exact contraire de la conférence de presse du 8 janvier. En ce temps-là, Nicolas Sarkozy croyait encore à la rupture dans le style présidentiel. (...) Amène avec les journalistes, compréhensif avec les Français mécontents, il ne triomphe plus, n'ironise plus et préfère aux formules à l'emporte-pièce le discours de conviction et d'humilité qui lui avait si bien réussi pendant la campagne électorale. (...) Le président avait commencé de s'éloigner des Français dès sa soirée au Fouquet's et sa retraite sur un yacht. Il s'en est rapproché hier en évoquant la lourdeur et la dignité de la charge. Il les a même sans doute convaincus tant son talent télévisuel est intact. Il reste à savoir si les résultats suivront. On ne l'attend pas que sur le style, mais aussi sur sa capacité à inverser des tendances lourdes, défavorables actuellement à la situation sociale des Français. Les faits économiques internationaux sont hélas têtus. Il fut hier soir bien plus persuasif sur la politique extérieure que sur la politique économique. (...)"

L'UNION ET L'ARDENNAIS
Hervé Chabaud

"Le téléprésident a perdu en aisance cathodique ! Nicolas Sarkozy crispé dans un premier temps jusqu'à confondre gaz et fuel a été plus moyen qu'à son habitude à l'exception de ses propos de politique étrangère sur la Chine, l'Afghanistan et ceux sur les couacs du gouvernement. Un oral honnête mais pas brillant. (...) Cela ne lui a pas interdit d'être très déterminé à conduire les réformes indispensables à la transformation de la France et à l'amélioration du pouvoir d'achat des Français. (...) Le chef de l'Etat qui aime la culture du résultat s'est efforcé de tempérer les impatiences des Français. Surtout il a tenu à expliquer jusqu'à se répéter que les cinquante-cinq réformes engagées constituent un tout cohérent. Parce qu'elles sont dépendantes les unes des autres, elles doivent être conduites en même temps. Aujourd'hui n'est plus au quantitatif mais au qualitatif. Il n'est plus à la croissance indéfinie de la fonction publique mais au retour à son volume de 1992. Bref, les réformes restent le centre de gravité du quinquennat de Nicolas Sarkozy et sa feuille de route."

LA CHARENTE LIBRE
Jacques Guyon

" (...) Certains en espérant découvrir à l'écran quelques signes d'un apaisement de ton et d'une inflexion de style qui annonceraient qu'au bout d'un an Nicolas Sarkozy s'était enfin glissé dans l'habit de Président. (...) Même s'il est moins dominateur dans les sondages d'opinion, nul doute que Nicolas Sarkozy est toujours aussi sûr de lui. Sûr de sa politique, sûr de ses choix, sûr de tout ce qu'il fait et sûr du bien-fondé de sa "réforme". Oh, certes, il y a bien eu hier soir quelques moments où le Président a dû consentir à certains mea culpa, à quelques menus regrets, à d'infimes concessions. Mais s'il est allé à confesse, ce n'est certainement pas pour se battre la coulpe. (...) La réhabilitation du travail, la rupture, les réformes, la cohérence, le courage c'est lui! Droit dans ses bottes sur l'immigration choisie! Inflexible sur l'allongement des cotisations pour les retraites! Défenseur de la santé et donc très vigilant sur les OGM! Fidèle à ses convictions sur la Turquie, intransigeant mais réaliste sur la Chine! Il est partout et partout se dit sûr d'être dans le vrai. Et d'ailleurs comment pourrait-il en être autrement? Dès lors que le Président assène qu'il n'y a pas d'autre voie..."

LA PRESSE DE LA MANCHE
Jean Levallois

" (...) Nicolas Sarkozy est apparu déterminé, reconnaissant avoir commis des erreurs, mais gardant fermement le cap de son engagement présidentiel pour réformer, revaloriser le travail et même améliorer le pouvoir d'achat. Il sait les mécontentements actuels mais il s'est efforcé de mettre en cohérence l'ensemble des actions entreprises depuis un an. (...) Signalons, ce qui est significatif, la mutation qui s'opère quant à la forme. Nicolas Sarkozy ne renie pas ses projets, mais il calme le jeu. Nous ne sommes pas au temps de la présidence paillette. Au contraire, le chef de l'Etat s'est efforcé de faire partager la complexité des décisions qu'il lui faut prendre pour faire recoller la France dans le peloton de tête des Etats modernes, jamais assurés de rester pour toujours en première division. De manière très pudique, et très sobre, il a su tourner la page sur sa vie conjugale et les péripéties de sa vie privée. Le président a, semble-t-il, appris en une année d'exercice, la nécessité de la distance par rapport à lui-même, sans pour autant, affirme-t-il, s'être éloigné des préoccupations des Français."

LIBERATION CHAMPAGNE
Jorge d'Hulst

" (...) De sa longue interview, ressort surtout sa volonté d'instaurer la règle des trois tiers pour la répartition des bénéfices des entreprises. Un tiers pour l'investissement, un tiers pour les actionnaires et un tiers pour les salariés. Y compris pour ceux qui travaillent dans des sociétés de moins de 50 personnes, actuellement écartés de l'intéressement. Mais, concrètement, cette annonce risque d'avoir peu d'incidences pour la vie de ces salariés. Au lieu de rendre tout simplement obligatoire par la loi cet intéressement, Nicolas Sarkozy a tourné autour du pot. Il s'est contenté d'annoncer une mesure incitative. Les entreprises qui mettront en place cet intéressement paieront moins d'impôts. De ce fait, de cette interview, on retient davantage les mauvaises nouvelles qu'il a annoncées que les bonnes: le passage à 41 années de cotisations pour pouvoir prendre une retraite à taux plein. Et, surtout, que la prime pur l'emploi, mise en place par le gouvernement Jospin pour améliorer les bas salaires, sera rognée pour financer la généralisation du revenu de solidarité active. En d'autres termes, Nicolas Sarkozy va retirer à ceux qui n'ont pas beaucoup pour donner à ceux qui en ont encore moins. Ce n'est pas là franchement améliorer le pouvoir d'achat."

LE PROGRES
Francis Brochet

"Notre Président est un homme simple. Il dit ce qu'il veut faire, puis il essaie de le faire, envers et contre tout. Peu importe alors que la réalité résiste, qu'éclate une crise pétrolière ou monte une grogne populaire.Il l'avait écrit : "Dans un monde qui bouge à toute vitesse, l'immobilisme est la posture la plus risquée". C'est bouger ou mourir. Bousculer les oppositions ou gérer le temps qui passe, figure de la mort politique incarnée naguère par Jacques Chirac. Il assume ses choix, du prix du gaz à l'Afghanistan, sourire aux lèvres, en avocat excité par la difficulté du dossier. Il y a bien eu quelques hésitations, quelques couacs, mais "tout est rentré dans l'ordre", dit-il, usant des mêmes mots pour son ménage et son gouvernement. Notre Président est un joueur : il semblait perdre, il choisit de doubler la mise. "Je sais où je vais", dit-il. En clair, ça passe ou ça casse."

LA NOUVELLE REPUBLIQUE
Denis Daumin

(...) Exit le vernis, le velours et les dorures du mobilier national. Pas de bureau gaullien ici où s'accouderait avec autorité la toute puissance de l'Etat, nulle bibliothèque mitterrandienne lestant le propos présidentiel de l'humanisme le plus élevé. Trop vieux et daté. Des images et des références du siècle d'avant, tout cela. Hop, au grenier de l'Elysée. A leur place un pupitre de verre posé sur une large plate -forme de dalles lumineuses. Leur brillance de piste de danse, offusquant l'éclat modeste des lustres Napoléon-III, entendait apporter de la nouveauté et de la fraîcheur selon la communication du Palais. Beaucoup n'y auront vu qu'une touche très show télévisé et quelques indulgents l'empreinte de Carla. Cette nouvelle liturgie, époussetée, modernisée et simplifiée aura-t-elle porté le message présidentiel ? Eparpillé et répétitif, dupliqué sur tous les fronts et les registres ces derniers mois, les Français ne l'entendaient plus. Hier toutes les précautions avaient été prises, la soirée était traduite en continu dans le langage des sourds et muets."

LA REPUBLIQUE DES PYRENEES
Jean-Marcel Bouguereau

"Fallait-il vraiment infliger à la France 90 minutes de discours répétitifs parce que Nicolas Sarkozy dévisse dans les sondages et même dans le coeur des Français qui ont voté pour lui ? Que reste-t-il de cette heure et demie ? Un discours à peu près cohérent sur l'immigration, sur l'enseignement, sur sa tactique envers la Chine avant les Jeux Olympiques. Mais pour le reste la confiance est brisée et les mots présidentiels sonnent creux. Etait-il indispensable de réunir un plateau de cinq journalistes pour qu'à une exception près, celle d'Yves Calvi, on assiste à une interview où le Président pouvait parler impunément sans qu'on le reprenne sur ses affirmations les plus douteuses ? (...) N'était-il pas possible de lui demander pourquoi, lui qui affirmait avoir lancé " 55 réformes, parce que tout se tient ", pourquoi il avait cédé à tous les corporatismes, surtout ceux de l'électorat de droit, sur les niches fiscales, sur les taxis et les médecins ? N'était-il pas possible, face à cette bien soudaine modestie, de lui demander puisqu'il reconnaissait avait "fait des erreurs", de quelles erreurs il s'agissait ? (...) Finalement comment, en un an, cet homme a pu vider de leur substance les mots qu'il prononce en les transformant en un baratin de joueur de bonneteau ?"

LA TRIBUNE
Pascal Aubert

"Monsieur le président, dessine-moi une réforme... Juste une seule. Ou deux. Trois à la rigueur. Mais, s'il te plaît, pitié, pas cinquante-cinq. On a visiblement eu tort d'attendre de l'intervention télévisée du chef de l'État hier soir ce qu'elle ne pouvait pas nous apporter. On disait le président en fâcheuse posture et dans l'obligation de recadrer son action et celle de son gouvernement. Le Premier ministre s'était même laissé allé il y a quelques jours à appeler de ses voeux une " feuille de route " et un " cap " pour les réformes laissant entendre que son gouvernement était, lui aussi, comme beaucoup de Français dans le brouillard. S'il regarde sa boussole ce matin, il n'est pas certain que François Fillon distingue davantage qu'hier le nord du sud, l'ouest de l'est. Le président de la République a beaucoup expliqué hier soir. Trop peut-être. (...) Car le désir d'être complet, clair, pédagogique, de n'esquiver aucune question délicate ou embarrassante a laissé un sentiment de profusion proche de la confusion. (...)

LES DERNIERES NOUVELLES D'ALSACE
Jean-Claude Kiefer

"Nicolas Sarkozy sait s'y prendre ! Excellent communicateur, à l'aise dans le jeu des questions-réponses, sachant retourner à son profit chaque argument trop incisif avec ce qu'il faut de "mea culpa" pour rester crédible, le président de la République captive facilement un auditoire. Sans grandes phrases ronflantes, sans exhortations péremptoires. On le savait et il l'a encore montré hier. En bon professionnel, devrait-on ajouter. (...) Comme s'il fallait montrer que le chef de l'État prend des décisions difficiles, que sa tâche est moralement éreintante. Le tout avec, n'en doutons pas, un brin de démagogie dans de l'art de jouer sur la corde de l'empathie. (...) Le message va-t-il passer ? De toute façon, le choix n'existe pas. Mais un autre désamour pourrait vite succéder au désenchantement actuel, et quel que soit le climat économique international responsable de beaucoup, pas de tout. Nicolas Sarkozy ne peut plus reculer. Il a promis des réformes, il doit en réaliser. Plus que ses prédécesseurs à l'Élysée, il sera jugé sur ses résultats. Placer la barre trop haut pour assurer son élection peut aussi être une faute, en politique."

LE DAUPHINE LIBERE
Didier Pobel

" (...) Nicolas Sarkozy, pour mieux envisager l'avenir, s'est soumis hier soir, souvent humblement et en reconnaissant d'emblée ses "erreurs", au rude exercice télévisuel du retour sur les douze premiers mois de ses fonctions au sommet de l'État. Et pendant qu'il parlait, se superposaient dans nos mémoires des images de campagne. Avril 2007. Au Grand-Quevilly. À Dijon. Ailleurs. Cette scène, par exemple. Le candidat de l'UMP, en visite dans un grand ensemble, entame une discussion à bâtons rompus avec des ouvriers du bâtiment à travers lesquels il salue "la France qui se lève tôt" et qui n'est pas toujours récompensée de ses efforts. "Il faut qu'il en reste dans la gamelle à la fin du mois", lâche-t-il, en promettant qu'il en sera ainsi s'il est élu. Sans doute n'imagine-t-il pas, alors, que ce thème peut résonner aussi longtemps... Tout cela, il l'a redit un an après. Avec des idées identiques mais plus du tout avec les mêmes mots. De quoi sans doute justifier cet aveu initial: "Bien sûr que j'ai changé". Reste à savoir si sa confession, aux accents à la fois graves, pédagogiques, contrits et attentionnés, a été entendue par la France qui s'est couchée tard. Pour l'écouter... "

L'ALSACE
Françis Laffon

"Soigner le mal par le mal ! Le chef de l'État a voulu signifier sa métamorphose - moins d'attirance pour les paillettes et les caméras - à travers une longue intervention... télévisée. Voici donc le nouveau... nouveau Sarkozy, lui qui a changé souvent de style. Nouveau ? Pas tant que ça. Désormais, le président se veut humble. (...) Le naturel revient cependant au galop. La première personne du singulier reste présente à dose caricaturale, "Je suis chef d'État" revient en leitmotiv sur un ton qui frise l'autoglorification. Intact aussi, le talent de " pédago ", utilisé hier à travers une leçon permanente, en particulier sur le terrain de l'économie. Ici encore, une inflexion légère : moins de flamboyance, un côté plus docte, évoquant parfois feu Raymond Barre, certitudes comprises. Mais le maître actuel, le maître du "je", serait plus crédible sans son erreur initiale : avoir injecté, en 2007, quinze milliards d'euros, dont un bon tiers plutôt en faveur des revenus élevés. Et au bout, pas de résultats tangibles. Ces milliards seraient précieux aujourd'hui pour lutter contre une crise effectivement mondiale. Le président s'emploie à démonter cette critique, admettant néanmoins des fautes de communication, en ce qui concerne cet épisode. (...)

PARIS NORMANDIE
Michel Lepinay

"Sans surprise, c'est le début qui a été le plus dur. Le début, c'est-à-dire les sujets économiques. Il s'y attendait, il s'y était préparé. La ligne de défense est aussi sans surprise. Il a été élu pour réhabiliter le travail, et il le fait. Mais il faut du temps. Si sa popularité s'effondre, c'est parce qu'il bouscule les conservatismes. Et si le "choc de confiance" ne se produit pas, c'est la faute au prix du baril, à la crise financière, au niveau trop élevé de l'euro, à l'envolée du prix des matières premières. Mais Nicolas Sarkozy fait aussi sur certains points amende honorable. (...) Et puis avec les thèmes de société, le président se détend. Moins sur la défensive, il prend les sujets les uns après les autres, sur le ton du bon sens qu'il affectionne, avec l'aplomb de celui que toutes les injustices indignent. Ça vaut pour le nombre de profs dans les lycées, pour les retraites, mais aussi pour l'immigration. A l'heure de la conclusion, il donne la touche finale : se pose serein, et pugnace, pour rassurer, mais sans autosatisfaction, pour ne pas braquer. Aura-t-il convaincu ? Pas sûr, mais il accepte "l'impatience des Français" inquiets pour leur quotidien. Son échéance à lui est dans quatre ans."

L'INDEPENDANT DU MIDI
Bernard Revel

"Il s'est beaucoup défendu, il a très peu attaqué, il a reconnu des erreurs et les assume, il assure avoir "mis de l'ordre" aussi bien à l'Elysée que dans sa vie privée, il travaille main dans la main avec le Premier ministre, il garde toutes ses convictions et sa foi dans le bien fondé de ses réformes: le Nicolas Sarkozy qui est apparu hier soir a tenté de concilier l'image d'un homme d'action "portant" sa charge avec une stature plus présidentielle. A part ça, le discours est toujours le même, axé essentiellement sur les "réformes nécessaires" pour "réveiller la France", sur la réhabilitation du travail, sur l'objectif "déficit zéro" à l'horizon 2012. La baisse de sa popularité il l'attribue à sa volonté de "bousculer les immobilismes" en lançant, a-t-il affirmé, 55 réformes, ce qu'aucun président avant lui n'avait eu le "courage" de faire. Il l'attribue également à des erreurs et à l'insuffisance d'explications. Rien n'est simple, dit-il à plusieurs reprises, en reconnaissant que la vie des Français ne s'est "pas assez" améliorée. Il garde cependant le cap et veut être jugé à la fin du quinquennat. Au fond, il dit aux Français: patience."

MIDI LIBRE
Philippe Palat

"Le monde a changé, le Président de la République aussi. Bien sûr, pas question pour lui de modifier le cap, de ralentir le rythme ni le débit des réformes. Tout au plus reverra-t-il, fataliste, la communication de son action. Mais hier soir, interviewé en direct pendant 90 minutes, Nicolas Sarkozy a montré des failles inhabituelles. Toujours volontariste dans ses choix, toujours énergique dans son propos, l'homme a reconnu, à de multiples reprises, ses erreurs. Les couacs. Et l'étroitesse de sa marge de manoeuvre dans un contexte international défavorable. Suffisant pour convaincre un pays plongé dans l'inquiétude et l'impatience ? Pas vraiment. Là où on attendait une posture grave et rassurante, là où on escomptait pédagogie et clarté, maîtrise présidentielle et stratégie oxygénante, perspectives sonnantes et trébuchantes, on a vu un chef de l'Etat besogneux et laborieux, parfois brouillon dans ses explications. Empêtré dans les chiffres, entravé par les statistiques, confus voire ambigu dans son message politique, Nicolas Sarkozy a peiné pour rassurer les Français. Une nouvelle désillusion? Seule certitude: l'opération "retour de la confiance" a manqué de flamboyance. Et peut-être raté son objectif de re-mobilisation des esprits. Et des espérances.

L'YONNE REPUBLICAINE
Philippe Noireaux

"Cocorico ! Le roi des bonimenteurs est de retour ! On l'avait un peu vite enterré, sous une pile de mauvais sondages, de pouvoir d'achat en berne, de mécontentement grandissant, d'impatience exacerbée et de déception record ; bref toutes choses qui caractérisent le tempérament français. Et voilà qu'on le retrouve au meilleur de sa forme, as de la communication, président en campagne, discourant sans forcer pour emporter la conviction. Il faut dire que face à lui, autre caractéristique toute française, prévalait hier soir une bienveillante déférence médiatique. Mais qu'importe, Nicolas Sarkozy a été bon. Et même très bon. Tour à tour incantatoire, badin, solennel, reconnaissant des erreurs - ses erreurs -, ferme aussi, le président de la République n'a négligé aucun registre pour défendre, expliquer sa politique. Et tenter par là même de regagner la confiance perdue des Français. Pas de scoop, pas de coup, pas de montre ostentatoire, pas d'annonce fracassante : retenue, sobriété, détermination. Voilà donc le Sarkozy nouveau à l'aube de l'an II de son quinquennat. Pas de rupture en fait mais plutôt un retour aux fondamentaux. (...) Reste à savoir si ce champion de la forme, des belles paroles, est véritablement capable de donner du fond à ses propos. Mais pour cela, la France va devoir faire preuve d'un peu de patience."

L'EST REPUBLICAIN
Rémi Godeau

" (...) En virtuose cathodique, le chef de l'Etat a trouvé les mots pour s'installer en président d'autorité, grave et décidé, et pour clarifier son action. Il a même fait oeuvre pédagogique sur l'immigration ou la mondialisation. Pour une fois, le président de la République s'est gardé de multiplier les annonces spectaculaires. Tout au plus a-t-il sauvé des eaux le RSA de Martin Hirsh. L'agitateur d'idées se devait de temporiser pour fixer un cap. Déboussolée par une politique brouillonne, la majorité le réclamait. Et de fait, la première année de réformes a un peu gagné en cohérence. La clé reste donc la réhabilitation du travail. Mais les clarifications sur la politique familiale, la régularisation des sans-papier ou les manifestations des lycéens tenaient plus du "service après couacs" que de la mise en perspective. (...) Il y avait quand même hier, dans le formalisme de l'interview en direct de l'Elysée, comme un retour à la plus pure tradition de la Ve République. A une époque où les intentions pesaient plus que les actes. Comme résigné à son impopularité, Nicolas Sarkozy n'a pas pour autant abandonné son image de modernisateur : "Je sais où je vais et je suis persuadé qu'il n'y a pas d'autre stratégie". Toute la question est maintenant de savoir si les Français le sont aussi."

LA MONTAGNE
Daniel Ruiz

"Pas de scoops, pas de nouveaux chantiers ouverts, pas d'effets de manche, Nicolas Sarkozy a maîtrisé l'exercice médiatique et solennel auquel il se livrait pour la première fois de son quinquennat. Ce n'est pas une surprise, on lui connaît ce talent. À l'aise dans sa communication, il a renoué avec l'image du candidat qui travaillait et s'exprimait avec calme pendant la campagne, pour, par petites touches, se glisser dans le costume du président et tirer le rideau sur l'agitation et la surexposition des premiers mois. (...) La France s'était endormie, Nicolas Sarkozy confirme qu'il peut la réveiller avec la politique qu'il mène depuis un an. Il demande simplement du temps pour laisser passer les mauvais vents de la crise internationale. Le satisfecit sur la forme et sur le ton sera assez généralement partagé ce matin, le fond par contre ne bouleversera pas l'opinion et la courbe des sondages. Nicolas Sarkozy s'est livré à une remise en perspective, il a tenté des corrections sur le RSA, le chômage, ou le pouvoir d'achat. Mais parce qu'il est allé trop dans le détail de son catalogue, le président de la République aura bien du mal à provoquer le retour à la confiance. La remise en ordre qu'il a voulue de son puzzle de réformes aura bien du mal à passer pour un tableau bien fini. (...)

LA REPUBLIQUE DU CENTRE
Jacques Camus

"Quelle différence entre le Sarkozy de janvier dernier et celui d'hier soir! Oui, quelle différence entre le Sarkozy qui, dans sa conférence de presse de début d'année, avait, du haut de ses certitudes, joué la provocation envers les journalistes, et le Sarkozy d'hier soir, revenu à l'humilité et confessant volontiers ses erreurs devant ses intervieweurs. On pourra toujours s'interroger sur la sincérité de ce revirement mais le constat s'impose. (...) Afin de retrouver cette confiance dont il a manifestement conscience de l'avoir gaspillée, Nicolas Sarkozy n'a pas été avare en autocritiques. Oui, le paquet fiscal a donné lieu à une erreur de communication totale. Oui, il y a eu une faute sur la carte familiale SNCF. Oui, il a été trop tolérant avec les couacs de ses jeunes ministres. Oui, ses conseillers ont trop parlé dans les médias. Pour le reste, Sarkozy est redevenu l'ardent (et plutôt convaincant) propagandiste des réformes. Au fond, on aurait pu réduire cette heure trois-quarts d'émission aux cinq dernières minutes avec cet aveu de Sarkozy: "Aujourd'hui les choses sont en ordre". Entendez par là que l'ordre règne à l'Élysée. Sans doute fallait-il commencer par cela pour qu'il ait une chance de régner aussi dans le pays ?"

LA LIBERTE DE L'EST
Gérard Noel

" (...) C'est sans doute pourquoi le chef de l'Etat a joué la carte de la modestie dans cet exercice d'auto-justification. Modestie au point d'employer à plusieurs reprises le mot "erreur", notamment en ce qui concerne la méthode employée. Sur le fond, il est resté ferme dans ses certitudes comme la réhabilitation du travail avec en appui la dénonciation très nette des 35 heures ("On a payé la réduction du temps de travail par une baisse des salaires" ; "Le problème de la France, c'est qu'on ne travaille pas assez !"). Mal à l'aise sur le pouvoir d'achat en berne à propos duquel il a évoqué le contexte international (pétrole, gaz), dénoncé les spéculateurs et s'est irrité du mauvais sort fait au paquet fiscal, il a tout de même avancé deux leviers pour remédier à une situation délicate : faire pression sur la négociation des prix et généraliser l'intéressement. (...) Et qu'on ne lui parle pas de brouille avec son Premier ministre, lequel était dans l'attente d'une feuille de route, il se contentera de l'assurance que son remplacement n'est pas programmé. Apparaître comme un président tel que les Français appréhendent la fonction était son ambition. Il appartient à ceux-ci de juger s'il a réussi l'examen de fin de premier cycle."

LE REPUBLICAIN LORRAIN
Philippe Waucampt

" (...) Humble comme un franciscain, soumis comme un pénitent, il a reconnu ses erreurs et admis sa part de responsabilité dans la déception ambiante. Ce n'est pas sur un tel socle que l'on reconstruit l'ébouriffante cote de popularité de l'an dernier. Mais cet exercice de modestie inusitée constituait une obligation pour renouer le fil avec le pays avant d'aller chercher en réserves quelques produits comme les textes sur l'intéressement et sur la maîtrise des prix dans les grandes surfaces. Reprenant de zéro le travail de reconquête de l'opinion, Nicolas Sarkozy ne pouvait pas faire d'étincelles en une heure et demi de travail d'explication. A défaut de charmer ses compatriotes, l'objectif du chef de l'Etat était de restituer un cadre à son action et de donner à entendre à la majorité qu'en dépit des obstacles rencontrés les objectifs n'avaient pas changé. Séduire, c'était pour le temps des illusions électorales. En cherchant à prendre la mesure du costume présidentiel, Nicolas Sarkozy ne visait rien d'autre que chasser le doute et rassurer les troupes."

OUEST FRANCE
Michel Urvoy

" (...) Pour être convaincant, il lui fallait d'abord se montrer lui-même convaincu. Nicolas Sarkozy l'a été. Stimulé par les difficultés, il reste ferme dans ses convictions. Tout juste concède-t-il quelques "couacs". Il n'élude aucune question, prouve qu'il s'occupe de tout. Du capitalisme financier qui marche sur la tête au prix de la tranche de jambon. Des allocations familiales à Ingrid Betancourt. Au fond, hier soir, le président de la République n'est guère sorti de son style. Avec cette impression qu'en traitant par le menu cinquante sujets à la fois, il s'expose à nouveau sur tous les fronts - comme le ferait normalement un Premier ministre -, se prive de hauteur, d'une vraie mise en perspective de sa politique. (...) "L'opposition dira qu'il n'y a rien de nouveau sous le soleil élyséen. Les Français se demanderont, ce matin, s'ils y voient plus clair dans ce foisonnement de sujets et d'explications. Déroutés par une année un peu folle, ils voudront juger sur pièces. Au-delà des 90 minutes, il reste heureusement quatre ans à Nicolas Sarkozy."

L'EST-ECLAIR
Patrick Planchenault

" (...) Qu'importe la "rupture" consommée avec l'opinion, Nicolas Sarkozy - qui s'était " préparé aux déceptions, problèmes et difficultés " qu'il rencontre aujourd'hui - ne renoncera à rien. Ni à ses antiennes de campagne ( "travailler plus pour gagner plus") ni à son ambition réformatrice dans un pays miné par des décennies de conservatisme. Parce que lui, au contraire de certains de ses prédécesseurs "n'a pas été élu pour durer, mais pour agir". Qu'on se le dise ! (...) A bon entendeur... Bref, on l'a compris, quelles que soient les contraintes nationales et internationales ainsi que les difficultés économiques, politiques et financières qui en accroissent la nécessité en même temps qu'elles en compliquent l'exécution, la "réforme" est en marche. Elle ne s'arrêtera pas... Seule la méthode pour la conduire pourrait changer. À l'image de son pilote, Nicolas Sarkozy lui-même qui, hier soir, en s'adressant aux Français droit dans les yeux, à donné l'impression d'endosser enfin l'habit "présidentiel" et d'un équilibre personnel retrouvé. En "rupture" avec la posture "bling-bling" meurtrière des premiers mois ?"

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