Le syndicat de la magistrature a accusé, mercredi 3 avril, la Chancellerie de vouloir procéder à une "reprise en main de la magistrature, aussi bien dans son projet de réforme du Conseil supérieur de la magistrature (CSM) que dans la réorganisation de la Chancellerie.
Dans un communiqué, le syndicat dénonce l'avant projet de réforme constitutionnelle, un texte à l'étude au Sénat qui n'a pas été rendu public mais dont les grands axes sont déjà connus.
Le SM, qui dit s'être procuré l'avant-projet, dénonce notamment le fait que "la seule compétence concédée au CSM est celle de donner un simple avis sur les propositions de nomination des procureurs généraux".
" Dangereux pour l'équilibre démocratique "
Aujourd'hui, déplore le SM, "le principal axe de la réforme consiste en une modification de la composition du CSM qui devient majoritairement composé de non magistrats, y compris en matière disciplinaire".
Le CSM n'est plus présidé par le Président de la République, mais "contre toute attente, le Garde des Sceaux conserve la possibilité de siéger lors des délibérations", souligne le syndicat.
"Le plus préoccupant concerne le mode de désignation des membres non magistrats (avec) 6 personnalités nommées par le pouvoir politique : 2 par le Président de la République, 2 par le Président de l'Assemblée nationale et 2 par le Président du Sénat" sans "aucune garantie en terme de représentation pluraliste et de choix de personnalités incontestables".
"Si le Syndicat de la magistrature s'est toujours prononcé pour l'institution d'un CSM rénové, non corporatiste, le projet qui consiste à politiser cette institution et à la soumettre au fait majoritaire apparaît particulièrement dangereux pour l'équilibre démocratique", commente le syndicat.
" Gestion des nominations et des carrières "
Le syndicat rapproche cette réforme de la réorganisation en cours de la Direction des services judiciaires, pour "s'inquiéter d'une volonté de reprise en main de la magistrature au travers de la gestion des nominations et des carrières".
"En effet, pour la première fois depuis 1958, la responsabilité des principaux services (...) consacrés aux magistrats et au fonctionnement des juridictions ne sera plus confiée à des magistrats mais à des administrateurs civils", dénonce-t-il.
Source : Nouvelobs.com


