«Il faut que les socialistes aient le courage de remettre en cause un certain nombre de dogmes et de slogans pour vraiment inventer le socialisme du réel et du 21ème siècle.»
PARIS (Reuters) - François Hollande a accusé lundi Nicolas Sarkozy, le gouvernement et la majorité d'être indifférents aux difficultés économiques des Français, qui se sont aggravées selon lui depuis la victoire de la droite à la présidentielle.
Pour le premier secrétaire du Parti socialiste, invité de l'émission "Le franc-parler" de France Inter-i-Télé-Le Monde", le "paquet fiscal" est la "faute originelle" de la première année de présidence Sarkozy et elle pèsera sur tout le quinquennat.
"C'est l'erreur de diagnostic, l'erreur de l'inéquité dans les mesures et l'erreur en termes de stratégie économique et cela durera tant que ces 15 milliards seront toujours présents dans les comptes publics", a-t-il estimé.
Il a dénoncé les propos de François Fillon, lundi matin, sur l'augmentation du prix du carburant liée à la flambée des cours du pétrole.
"On ne peut pas entendre le Premier ministre dire 'écoutez maintenant chacun doit faire un effort, vous n'avez qu'à prendre moins votre voiture ou marcher à pied (...) On ne peut pas dire on est désolés, circulez c'est, le cas de le dire, il n'y a rien à vous donner", a déploré le député de Corrèze.
"Je crois qu'il y a de la part du président de la République (...) mais aussi du gouvernement et de la droite, une part d'indifférence à l'égard de nos concitoyens qui souffrent", a-t-il accusé.
Dans ce domaine, le PS prône la généralisation du "chèque transport" et des taxes sur les superprofits pétroliers pour soulager un peu la facture énergétique des Français.
Pour François Hollande, un an après son élection, Nicolas Sarkozy est rattrapé par la réalité.
"Bien sûr qu'il y a un contexte (économique mondial) qui s'impose à lui mais il ne faut jamais ruser avec le réel. Il ne faut pas dire dans une campagne 'là où il y a volonté il y a un chemin' ou 'j'irai chercher la croissance avec les dents'", a-t-il poursuivi.
Le candidat devenu président "a fait quand même assaut d'incantations, de promesses de volontarisme, il en paie les conséquences mais surtout il paie les conséquences de l'injustice de ses réformes ou de ses dispositifs".
Laure Bretton
LE BILLET D'HUMEUR DE SIMORGH 357.
Sur 68.
Rassurez-vous, dans mon libelle d’aujourd’hui vous ne lirez pas les témoignages des stars de 68 dont vous allez être abreuvés, pendants des semaines, à la télévision ou dans les magazines.
Rien sur le très malin Cohn Bendit, ou le libéral Madelin, constatant, sur les plateaux de télévision, que finalement, aujourd’hui, ils sont d’accord sur l’essentiel, alors qu’il y a quarante ans, ils se tapaient dessus à coups de barres de fer. Pas davantage de ces trotskistes devenus « d’honorables » et jouisseurs élus socialistes refusant toute remise en cause de quoi que ce soit, pas plus de ces maoïstes à la mord moi le doigt, devenus les apôtres d’un libéralisme sauvage. De toute façon, depuis longtemps, ces gens là, roulent pour eux !
Aucun intérêt, on les connaît par cœur.
Certains pensent qu’aujourd’hui les conditions d’un nouveau mai 68 sont largement réunies (l’histoire ne serait-elle qu’un éternel recommencement ?), que les frustrations et difficultés qui s’accumulent sur un certain nombre de nos citoyens les pousseront à se révolter, à nouveau, contre un monde qui a oublié l’humain pour obéir aux diktats des technocrates bruxellois, des fonds de pension et à la loi du marché.
D’autres le redoutent, parce qu’avides de continuer à se vider le cerveau en se gavant d’inepties télévisuelles, avides de continuer à changer de téléphone portable ou de voiture tous les six mois pour mener plus vite la planète au cimetière, avides de décupler des jouissances individuelles et égoïstes, de se sentir exister dans des replis communautaristes ou régionaux. A moins qu’ils ne soient, plus prosaïquement, des êtres mesurés qui savent que toute révolution, inévitablement, crée des souffrances et laisse des morts et que les héritages en sont toujours ambigus.
Ce n’est pas un hasard s’ils ont su prendre de 68 ce qu’il y avait de meilleur : cet appel à la liberté de parole retrouvée et cette insolence maintenue face à tous les censeurs. Et rien d’étonnant à ce qu’ils rejettent ce qu’il y a de pire : le sectarisme des groupuscules, leur terrorisme intellectuel, que l’on retrouve aujourd’hui dans de nombreux secteurs de la société dirigés par d’anciens soixante-huitards recyclés par le système et l’utilisant à leur seul profit.
Nous sommes de plus en plus nombreux aujourd’hui à nous reconnaître dans des personnages comme Cyrano, bien sûr, Voltaire et Jaurès. Qui serions-nous si nous transigions avec la liberté d’expression ? Quels sont nos risques ? De nous voir salis, calomniés, insultés, dans des médias bien-pensants ou par certaines unions syndicales à l’esprit tellement partisan qu’elles confondent leurs intérêts avec ceux de municipalités idéologiquement proches… refusant de défendre ceux de leurs adhérents qui sont en lutte contre icelles ? De ça aussi on s’en fout. Un jour ces municipalités changeront de couleur et ces syndicats auront, une fois de plus, l’air bien cons !
Et alors me direz-vous ? Alors nous faisons nôtre ce bel aphorisme de Voltaire : "Il faut toujours que ce qui est grand soit attaqué par les petits esprits". Et puis, qu’est-ce que cela pèse, par rapport à ces autres syndicalistes qui, dans de nombreux pays au monde, risquent leur vie pour défendre leurs droits de salariés ? Qu’est-ce que cela représente, à côté de toutes ces femmes qui se battent en France et dans le monde pour ne plus subir la dictature patriarcale et religieuse ? N’est-ce pas dérisoire comparé à ces démocrates qui risquent leur liberté pour manifester leur opinion dans des pays totalitaires ?
Nous sommes libres parce que nous n’avons pas besoin de la politique pour manger. Nous n’avons aucun mauvais compromis à faire, aucune raison de mettre de l’eau dans notre vin (quelle horreur !), nous n’avons qu’un devoir, être digne de Jaurès, quand il disait, dans son discours à la jeunesse : « Le courage, c’est de chercher la vérité et de la dire ; c’est de ne pas subir la loi du mensonge triomphant qui passe, et de ne pas faire écho, de notre âme, de notre bouche et de nos mains aux applaudissements imbéciles et aux huées fanatiques ».
Nous sommes libres parce que nous ne craignons pas la haine, car, comme le disait si bien le Cyrano d’Edmond Rostand : "la haine est un carcan, mais c’est une auréole." D’ailleurs, même si, malgré nos efforts, nous ne parvenions pas à changer le monde comme nous le souhaiterions, nous serions encore capables de partager avec lui ce panache : " Mais on ne se bat pas dans l’espoir du succès ! Non, non, c’est bien plus beau lorsque c’est inutile."
N’est-ce pas tout cela, le véritable esprit de 68 ?.

Ségolène Royal, Nicolas Sarkozy
Une nouvelle baisse de la popularité de l’exécutif
Nicolas Sarkozy, en tant que Président de la République, n’est plus crédité que de 36% d’opinions positives (contre une majorité absolue d’opinions négatives à 53%), ce qui constitue le score le plus bas enregistré par LH2 depuis son élection. On notera une critique particulièrement exacerbée au sein des cadres et professions intellectuelles supérieures (27% d’opinions positives / 60% d’opinions négatives), lesquels n’ont jamais, du reste, fait partie de ses soutiens. En revanche, on observe qu’en termes de proximité partisane la majorité continue de faire front : 80% contre 16% au sein des partisans de droite, et, dans les détails 89% contre 8% au sein des sondés des sondés se déclarant proches de l’UMP.
Le Premier ministre fait également les frais de cette tendance baissière. François Fillon n’enregistre que 46% d’opinions positives, contre 41% d’opinions négatives. Le solde demeure donc positif mais de peu, d’autant qu’il ramène le chef du gouvernement à celui de l’automne 2007.
Un bilan annuel sévère, en particulier sur la question du pouvoir d’achat
Corollaires du désaveu renouvelé de la tête de l’exécutif, les jugements portés sur la politique qu’il met en œuvre, par secteur, se révèlent largement négatifs.
En effet, lorsque les Français interrogés sont invités à se prononcer sur le « bilan à un an » du chef de l’Etat et de son gouvernement, ils dressent un tableau sans appel de ce dernier. Seule la politique européenne enregistre un solde positif, mais de peu : 43 % des sondés la jugent rétrospectivement comme étant « plutôt un succès » que « plutôt un échec » (37%). Aux autres items proposés, les réponses sont majoritairement négatives : le rôle de la France dans le monde (38% de « succès »/43% d’« échec », l’environnement (36%/44%), l’emploi (25%/60%), la fiscalité (22%/60%). Dans le cadre de ce bilan annuel, deux domaines cristallisent particulièrement le mécontentement de l’opinion publique : la croissance économique (13%/72%), mais surtout le pouvoir d’achat (5%/85%). Pour ce dernier domaine d’action, la virulence des critiques est telle qu’elle transcende largement les clivages partisans ; seuls 12% des sympathisants de droite émettent un jugement positif (contre 73% un jugement négatif).
Une gauche toujours en quête de leader
Qu’il s’agisse de la question portant sur le meilleur leader de gauche ou celle ayant trait à son chef de fil le plus approprié, le même constat s’impose. Au fil des vagues de notre baromètre, et malgré le bon résultat de Ségolène Royal aujourd’hui, aucune personnalité ne parvient à émerger de façon réellement significative et pérenne. Preuve supplémentaire de ce leadership pour l’heure introuvable : au-delà des perceptions du grand public, les écarts séparant les différents protagonistes ne sont pas signifiants, que ce soit du côté des sympathisants de gauche, ou plus précisément du côté de ceux se déclarant proches du PS.
Et si c’était à refaire…
Preuve du mécontentement quant au pouvoir en place, les résultats de notre intention de vote « fictive ». Si le second tour de l’élection devait se jouer dimanche prochain, sur les suffrages exprimés, il apparaît maintenant que Ségolène Royal l’emporterait contre Nicolas Sarkozy, avec un score rigoureusement identique, mais cette fois-ci en sa faveur, à celui de l’an passé (53% versus 47%). Ce résultat sanctionne sans doute le bilan annuel peu glorieux de Nicolas Sarkozy : il peut également constituer pour la gauche un espoir de se positionner en alternative crédible au gouvernement.
Stéphane Marder, directeur général adjoint de LH2
- Sondage réalisé par téléphone les 2 et 3 mai 2008 par l'institut LH2 pour le site nouvelobs.com. L'enquête a été réalisée selon la méthode des quotas auprès de 1004 personnes représentatives de la population française âgée de 18 ans et plus.
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