François Hollande, premier secrétaire du Parti socialiste, a dénoncé dimanche des "intrigues familiales" qui portent atteinte à "la dignité de la fonction présidentielle" dans l'affaire de l'éclatement de la liste UMP aux municipales dans la ville de Neuilly-sur-Seine entre David Martinon, porte-parole de l'Elysée, et Jean Sarkozy, fils du président de la République.
"Quand le porte-parole de l'Elysée, imposé par le président de la République candidat à Neuilly, est désavoué par le fils du chef de l'Etat, mais dans quelle République sommes-nous?".
"Où est la dignité de la fonction présidentielle quand des intrigues familiales prennent le pas sur les investitures qu'un grand parti comme l'UMP doit confier à des candidats le moment venu?".
Ce dernier a justifié l'expression "intrigues familiales" pour qualifier l'affaire de Neuilly. "C'est des intrigues familiales quand le père, chef de l'Etat, ancien maire de Neuilly, désigne son porte-parole de l'Elysée et quand son propre fils le désavoue, fait une intrigue, un complot, si j'ai bien compris, et demande à soutenir une autre liste".
Pour le dirigeant socialiste, "le feuilleton municipal de Neuilly-sur-Seine serait risible et même ridicule si cela ne déconsidérait pas la fonction présidentielle elle-même". Et d'enfoncer le clou: "c'est toute la fonction présidentielle qui est atteinte".
En revanche, François Hollande s'est montré moins sévère face à la réaction de Nicolas Sarkozy face à l'article du site du "Nouvel Observateur" sur un prétendu SMS qu'il aurait envoyé à son ex-femme Cécilia Sarkozy quelques jours avant son remariage avec Carla Bruni. Le président a porté plainte pour "faux, usage de faux et recel".
"Là, il y a la réponse d'un homme privé qui veut défendre son intimité. Il faut bien distinguer l'homme privé, qui a des droits et qui a des raisons de les faire valoir, et le responsable public".
Dimanche, la plus grande confusion régnait dans le parti présidentiel à Neuilly-sur-Seine (Hauts-de-Seine), dans la banlieue chic de Paris. David Martinon, parachuté tête de liste UMP aux municipales des 9 et 16 mars prochains dans cette ville, a été lâché par ses co-équipiers Jean Sarkozy, propre fils du chef de l'Etat, Marie-Cécile Ménard et Arnaud Teullé, qui ont tous trois décidé de conduire une "liste de rassemblement" concurrente à la suite de "désaccords majeurs" avec le porte-parole de l'Elysée.
Source : AP
