Wingate

POUR LA FRANCE Je serai avec vous jusqu'au bout
Wingate

Blog

Catégories

Derniers billets

Liens

Calendrier

Pages

Compteurs

Fils RSS

Ségolène Royal en popstar

Par Wingate :: lundi 25 février 2008 - 14:37 :: ACTIVITE DE SEGOLENE ROYAL

Ségolène Royal en popstar

SRN  Au PS, la campagne des municipales est aussi celle de Ségolène Royal. Sur la route, au soutien des candidats socialistes, celle qui ambitionne de prendre le parti ne ménage pas sa peine et prend plaisir à se retrouver, comme en 2007, au milieu des gens. Ce samedi à Montpellier, elle a encore pu mesurer sa popularité. Même si, pour certains, son activisme agace.

"C'est la première fois que je la vois en vrai, ça me fait un truc au coeur." "Tu l'as vue, tu l'as vue? Elle est superbe!" "C'est fou, elle est encore plus belle qu'à la télé!" Emportée par la foule, Ségolène Royal répond d'un sourire extatique à tous les mots d'amour anonymes cueillis sur son chemin. Ce n'est décidément pas un vendredi après-midi comme les autres à la maison pour tous Léo-Lagrange, dans le quartier de la Paillade à Montpellier. Des retraités aux gamins, tous se sont mis sur leur 31 pour accueillir leur candidate, celle qui y a obtenu plus de 60% des suffrages à la présidentielle.

Venue à Montpellier soutenir Hélène Mandroux, maire de la ville et candidate à sa réélection, Ségolène Royal chauffe la salle comme une pop star. "La Paillade va bien? Oui? Alors moi aussi, je vais bien. Je vais bien parce que je suis parmi vous, au milieu de vous, dans cette chaleur..." Les applaudissements fusent. Les flashs crépitent. On joue des coudes, on se marche sur les pieds pour ne pas perdre une miette du spectacle. "Les jeunes des quartiers, ce n'est pas un problème, c'est le début de la solution, continue Ségolène Royal. Ne vous abstenez pas les 9 et 16 mars! Venir voter, c'est une chance!" Nouveaux applaudissements. "Elle est la seule à s'intéresser à nous", constate Mounia, 18 ans. "Elle est sincère", renchérit Abderamane Rougui, militant socialiste et chômeur.

" Tout le monde me demande "

Presque timide dans son second rôle, Hélène Mandroux en est réduite à décrypter la ségolâtrie: "La ferveur pour Ségolène est toujours là et elle se renforce." Pour Brahim Abbou, 30 ans, un ancien responsable associatif aujourd'hui candidat sur la liste d'Hélène Mandroux, la popularité de Ségolène Royal n'est pas gratuite: "Il y a du fonds derrière les marques de sympathie qu'elle suscite. Elle a réhabilité la politique dans nos quartiers. Elle n'a pas eu peur de dire qu'elle était fière de la France de la diversité. Les gens se mobiliseront pour les municipales grâce à elle."

Montpellier vendredi, mais aussi Nice hier ou Metz, Caen, Saintes cette semaine, avant Toulouse, Bordeaux, Périgueux, Aubervilliers... à deux semaines des municipales, l'ancienne candidate socialiste à la présidentielle multiplie les déplacements de campagne. Plus que celui des autres ténors socialistes - souvent occupés à quadriller leur ville respective -, son agenda déborde, entre les meetings, les réunions publiques et autres inaugurations prétextes. "Je ne pourrai pas aller partout, se désole-t-elle. J'ai reçu plus de 200 invitations de candidats! Tout le monde me demande. Même ceux qui ne m'ont pas toujours soutenue me veulent."

A chaque fois, Ségolène Royal se pose en opposante numéro un à Nicolas Sarkozy. "L'enjeu des municipales est un enjeu national", répète-t-elle. Hier, à Nice, elle a par exemple ironisé sur les "annonces tous azimuts" du Président, qui créent de la "pagaille". Partout, la chouchoute des sondages à gauche joue la pasionaria d'une France "résistante", une France "des régions et des villes", une France des "territoires", censée atténuer à l'échelon local les "dégâts sociaux" causés par la politique du gouvernement.

Grincements de dents

Si les militants croisés cette semaine sur le "Ségo tour" semblent ravis du retour de "Ségolène", de nombreux cadres dirigeants du PS préfèrent taire leur colère. Pour le moment... la consigne a été donnée par François Hollande: on ne critique pas l'activisme de Ségolène, on la laisse chauffer les salles, pas de polémique entre socialistes à la veille d'une bataille décisive. "On est tous à bloc, on fait des réunions tous les soirs. Mais nous, on ne balance pas des communiqués pour rameuter les journalistes", raille un hiérarque socialiste. Comme d'autres, il juge que Ségolène Royal est bel et bien décidée à lancer une OPA sur le parti: "Ses déplacements sur le terrain sont soigneusement mis en scène. Elle fait comme au moment de sa désignation, elle essaie de créer un mouvement d'opinion pour faire pression sur le parti."

Jeudi soir, dans le train qui la ramenait d'une journée marathon en Charente-Maritime, où elle a offert son soutien à différents candidats aux cantonales, Ségolène Royal se désolait qu'il faille attendre l'automne pour connaître le successeur de François Hollande. "C'est trop long. L'opposition a désespérément besoin d'être incarnée", soupire-t-elle. Si elle ne parvient pas à imposer son rythme aux siens, il lui restera toujours le terrain, les gens. "Je me nourris des autres, c'est galvanisant. Je capte la détresse dans les yeux de ces petits retraités qui se sentent floués par la politique de Nicolas Sarkozy." Pour paraphraser le titre de son dernier ouvrage, sa plus belle histoire d'amour, c'est eux.

Anne-Laure Barret / Le JDD



Copyright © 2006 DEMAIN POUR LA FRANCE - Blog créé avec ZeBlog.com