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«Il faut que les socialistes aient le courage de remettre en cause un certain nombre de dogmes et de slogans pour vraiment inventer le socialisme du réel et du 21ème siècle.»
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SIMORGH ( bien sur, le RETOUR)

Par DA32 :: lundi 05 mai 2008 - 18:33 :: COIN CULTUREL

  LE BILLET D'HUMEUR DE SIMORGH 357.

Sur 68.

Rassurez-vous, dans mon libelle d’aujourd’hui vous ne lirez pas les témoignages des stars de 68 dont vous allez être abreuvés, pendants des semaines, à la télévision ou dans les magazines.

Rien sur le très malin Cohn Bendit, ou le libéral Madelin, constatant, sur les plateaux de télévision, que finalement, aujourd’hui, ils sont d’accord sur l’essentiel, alors qu’il y a quarante ans, ils se tapaient dessus à coups de barres de fer. Pas davantage de ces trotskistes devenus « d’honorables » et jouisseurs élus socialistes refusant toute remise en cause de quoi que ce soit, pas plus de ces maoïstes à la mord moi le doigt, devenus les apôtres d’un libéralisme sauvage. De toute façon, depuis longtemps, ces gens là, roulent pour eux !

Aucun intérêt, on les connaît par cœur.

Certains pensent qu’aujourd’hui les conditions d’un nouveau mai 68 sont largement réunies (l’histoire ne serait-elle qu’un éternel recommencement ?), que les frustrations et difficultés qui s’accumulent sur un certain nombre de nos citoyens les pousseront à se révolter, à nouveau, contre un monde qui a oublié l’humain pour obéir aux diktats des technocrates bruxellois, des fonds de pension et à la loi du marché.

D’autres le redoutent, parce qu’avides de continuer à se vider le cerveau en se gavant d’inepties télévisuelles, avides de continuer à changer de téléphone portable ou de voiture tous les six mois pour mener plus vite la planète au cimetière, avides de décupler des jouissances individuelles et égoïstes, de se sentir exister dans des replis communautaristes ou régionaux. A moins qu’ils ne soient, plus prosaïquement, des êtres mesurés qui savent que toute révolution, inévitablement, crée des souffrances et laisse des morts et que les héritages en sont toujours ambigus.

Ce n’est pas un hasard s’ils ont su prendre de 68 ce qu’il y avait de meilleur : cet appel à la liberté de parole retrouvée et cette insolence maintenue face à tous les censeurs. Et rien d’étonnant à ce qu’ils rejettent ce qu’il y a de pire : le sectarisme des groupuscules, leur terrorisme intellectuel, que l’on retrouve aujourd’hui dans de nombreux secteurs de la société dirigés par d’anciens soixante-huitards recyclés par le système et l’utilisant à leur seul profit.

Nous sommes de plus en plus nombreux aujourd’hui à nous reconnaître dans des personnages comme Cyrano, bien sûr, Voltaire et Jaurès. Qui serions-nous si nous transigions avec la liberté d’expression ? Quels sont nos risques ? De nous voir salis, calomniés, insultés, dans des médias bien-pensants ou par certaines unions syndicales à l’esprit tellement partisan qu’elles confondent leurs intérêts avec ceux de municipalités idéologiquement proches… refusant de défendre ceux de leurs adhérents qui sont en lutte contre icelles ? De ça aussi on s’en fout. Un jour ces municipalités changeront de couleur et ces syndicats auront, une fois de plus, l’air bien cons !

Et alors me direz-vous ? Alors nous faisons nôtre ce bel aphorisme de Voltaire : "Il faut toujours que ce qui est grand soit attaqué par les petits esprits". Et puis, qu’est-ce que cela pèse, par rapport à ces autres syndicalistes qui, dans de nombreux pays au monde, risquent leur vie pour défendre leurs droits de salariés ? Qu’est-ce que cela représente, à côté de toutes ces femmes qui se battent en France et dans le monde pour ne plus subir la dictature patriarcale et religieuse ? N’est-ce pas dérisoire comparé à ces démocrates qui risquent leur liberté pour manifester leur opinion dans des pays totalitaires ?

Nous sommes libres parce que nous n’avons pas besoin de la politique pour manger. Nous n’avons aucun mauvais compromis à faire, aucune raison de mettre de l’eau dans notre vin (quelle horreur !), nous n’avons qu’un devoir, être digne de Jaurès, quand il disait, dans son discours à la jeunesse : « Le courage, c’est de chercher la vérité et de la dire ; c’est de ne pas subir la loi du mensonge triomphant qui passe, et de ne pas faire écho, de notre âme, de notre bouche et de nos mains aux applaudissements imbéciles et aux huées fanatiques ».

Nous sommes libres parce que nous ne craignons pas la haine, car, comme le disait si bien le Cyrano d’Edmond Rostand : "la haine est un carcan, mais c’est une auréole." D’ailleurs, même si, malgré nos efforts, nous ne parvenions pas à changer le monde comme nous le souhaiterions, nous serions encore capables de partager avec lui ce panache : " Mais on ne se bat pas dans l’espoir du succès ! Non, non, c’est bien plus beau lorsque c’est inutile."

N’est-ce pas tout cela, le véritable esprit de 68 ?.


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