«Il faut que les socialistes aient le courage de remettre en cause un certain nombre de dogmes et de slogans pour vraiment inventer le socialisme du réel et du 21ème siècle.»
Ce serait même une nécessité, face à un pouvoir de capitalistes financiers qui utilise les médias comme instrument de manipulation et d’asservissement de tout un peuple. Ce combat doit être aussi celui du parti socialiste, de toute la gauche et de tout démocrate. Nous vivons une médiacratie. Sarkozy, à travers les avantages favorisant ses amis, financiers et magnats de la presse, assied son propre pouvoir à travers une politique qui repose largement sur l’image médiatique et la collusion extrême avec ceux qui contrôlent les médias.
Ce n’est pas un hasard si Sarkozy avait fêté la victoire de la présidentielle au Fouquet’s en présence de Nicolas Beytout (direction du Figaro), d’Alain Minc (direction de Le Monde), de François Pinault (patron de Le Point), Bernard Arnault (1ère fortune de France et actionnaire principal de la Tribune en 2007, puis des Echos), Martin Bouygues (TF1, LCI…), Albert Frère (président du conseil de surveillance de M6), Marcel Dassault, patron du Figaro et de près de 70 autres titres (1) Mais pour quelle liberté rédactionnelle ? Pour quelle éthique ?
Ce n’est pas un hasard si on projette d’augmenter de 292 % (!) le budget de communication de l’Etat. C’est dans cette logique médiatique.
Il y a en effet un total décalage entre les discours de Sarkozy qui disait en avril 2007 « vouloir être le candidat du peuple et non celui des médias » et s’entourer d’un club de milliardaires, magnats de la presse et qui contrôlent déjà la majorité des médias. Un total décalage, entre prôner la défense des droits humains et les subordonner au mercantilisme financier avec des Etats tels la Lybie ou la Chine, unanimement dénoncés pour leurs violations des droits humains. Un total décalage, entre les promesses de prospérité aux Français et cette politique de rigueur tous azimuts qui coupe dans les acquis sociaux de tout un peuple, parfois au prix de siècles de lutte pour la liberté, l’égalité et la fraternité.
Pendant que nous avons droit à un cirque médiatique, on utilise ces soufflés médiatiques pour faire passer des mesures beaucoup moins sympathiques (abaissement du bouclier fiscal pour les plus riches, juste après la présidentielle. Discrète acquisition par Bolloré des droits d’exclusivité pour la diffusion et la traduction des dépêches de la plus importantes des agences mondiales de presse, l’Associated Press(AP) en plein soufflé médiatique de la visite de Kadhafi (2), annonce de la suppression de la pub TV publiques, juste après le buzz médiatique égyptien, début d’une politique de rigueur tous azimuts, juste dans la foulée de la tempête médiatique des Municipales, annonce que l’on cède face la Chine en plein soufflé médiatique Betancourt, etc…