
François Hollande (Reuters)
Pour François Hollande, la piètre performance de la croissance française, qui s'est contractée de 0,3% au deuxième trimestre, est aussi la conséquence de la politique menée par Nicolas Sarkozy.
"Le président s'est trompé par suffisance, en menant des politiques qui ne marchaient pas. Par indifférence, en restant sourd aux indicateurs économiques. Par négligence, en ne prenant pas les actions qu'il aurait fallu engager tout de suite", affirme le Premier secrétaire du Parti socialiste.
"La France subit le même contexte macroéconomique que ses partenaires", mais "la piètre performance française est aussi la conséquence de la politique menée par le président de la République et le gouvernement", estime-t-il. "Résultat : il est dos au mur et les poches vides", déclare le Premier secrétaire du Parti socialiste dans Le Monde, daté du vendredi 15 août.
Des objectifs impossibles à atteindre, selon Hollande
"Nicolas Sarkozy a gaspillé les marges de manoeuvre budgétaires dont nous disposions. Aujourd'hui, nous sommes sans munition pour réarmer la machine", ajoute-t-il.
"Le bouclier fiscal, accordé aux plus riches, n'a eu aucun effet sur la consommation des ménages", et "les déductions d'impôt sur les emprunts ont été neutralisées par la remontée des taux d'intérêt", détaille François Hollande. "C'est un échec".
Il juge donc les objectifs de croissance pour 2008 impossibles à atteindre: "Ce n'est pas 2% de croissance que nous aurons, au mieux un peu plus de 1%" et "les déficits publics seront en fin d'année au-dessus de 3% du PIB".
Le PS est de "mauvaise foi", selon l'UMP
Frédéric Lefebvre, porte-parole de l'UMP, a pour sa part estimé jeudi que "parler de récession" en France, comme le fait le PS, "c'est faire preuve d'une mauvaise foi coupable, car c'est faire le pari de l'échec de notre pays". Il décèle, au contraire, des "signes positifs" pour la croissance et accuse le PS de donner dans la "caricature la plus démagogique".
Selon lui, "tout est bon pour dénigrer la politique gouvernementale à l'occasion de la course au poste de premier secrétaire du PS".
Le président du groupe PS à l'Assemblée nationale, Jean-Marc Ayrault, avait estimé mercredi qu'il y a "un vrai risque" de récession en France.
Le PIB a reculé de 0,3%
Le produit intérieur brut (PIB) a reculé de 0,3% au deuxième trimestre 2008, première baisse depuis le quatrième trimestre 2002, a annoncé jeudi l'Insee.
Le secrétaire national à l'économie de l'UMP a cependant estimé que "l'évolution récente des prix du pétrole, -30% depuis la mi-juillet, est de bon augure pour relancer la croissance d'ici la fin de l'année".
Il a aussi cité le recul de l'inflation en juillet, et la baisse de l'euro face au dollar, "autant de signes positifs pour la compétitivité de nos entreprises et donc pour la croissance".
Réunion ministérielle lundi
François Fillon "réunira lundi à 15H00 les ministres en charge des affaires économiques, financières et des entreprises pour analyser les causes de cette dégradation de la conjoncture internationale, et identifier les réponses qui devront y être apportées", indique Matignon.
Les ministres Christine Lagarde (Economie), Eric Woerth (Budget) et les secrétaires d'Etat Luc Chatel (consommation), Laurent Wauquiez (Emploi), Anne-Marie Idrac (Commerce extérieur), Hervé Novelli (PME) sont conviés à la réunion.
"La portée de cette estimation provisoire d'activité ne doit néanmoins pas être exagérée", juge le Premier ministre dans ce même communiqué.
Des "facteurs encourageants"
"Elle fait suite à une croissance de 0,4% au premier trimestre et l'économie française est par ailleurs soutenue par plusieurs facteurs encourageants, notamment le crédit aux entreprises, qui continue à progresser, ainsi que les créations d'entreprises", ajoute François Fillon.
L'estimation provisoire de l'Insee "reflète une dégradation de la conjoncture internationale qui touche l'ensemble des pays développés en particulier les pays européens", selon François Fillon qui rappelle qu'au sein de la zone euro, l'activité a reculé de 0,2% au cours de cette période.
"Plus que jamais, dans cette conjoncture incertaine", le Premier ministre réaffirme, "suivant le programme défini" par le Président Nicolas Sarkozy, "la détermination" de son gouvernement "à mener résolument les réformes économiques et sociales seules de nature à donner à l'économie française le dynamisme nécessaire à une reprise rapide de la croissance". (Avec AP)