La réaction du Président de la République et du gouvernement aux manifestations de la crise financière internationale n'ont guère suscité de débat de fond à gauche.
Certes, les socialistes ont été unanimes pour dénoncer l'esbroufe du discours de Toulon, c'est heureux, et ont utilement mis en garde contre la mobilisation de l'épargne populaire via le livret A pour consolider des positions bancaires intrinsèquement critiquables.
Mais au-delà, l'analyse des causes et des solutions sont-elles si différentes de part et d'autre ?
La dénonciation de la dérive éthique d'un capitalisme de plus en plus dissocié de l'économie réelle a, c'est vrai, quelque chose d'insupportable de la part d'une droite qui n'a jamais raté une occasion d'en accélérer le flux.
Et l'intervention massive de la puissance publique, soudain réhabilitée, comme remède unique aux difficultés du marché ferait presque sourire quand on se rappelle l'équation naïve des débuts du quinquennat selon laquelle moins d'Etat entraîne mécaniquement plus de croissance.
Il n'empêche : dans les deux cas, ces analyses pourraient être celles d'un parti socialiste au pouvoir, l'hypocrisie en moins.
Les socialistes seront donc dans leur rôle en exigeant du chef de l'Etat demain et du futur candidat Sarkozy dans quatre ans le bilan des promesses de Toulon.
Gageons qu'il y aura beaucoup à redire. Mais ils auraient tort de s'en tenir là et de se satisfaire d'une victoire morale sans s'interroger plus avant sur les leçons à tirer de la crise.
Celles-ci sont d'une importance capitale pour qui veut croire à une refondation de la gauche, à une reprise de la lutte contre les inégalités et à un renouveau du sens du mot « progrès ». Rien de moins.
On ne proposera pas un programme aussi ambitieux ici, mais plus modestement, trois éléments de réflexion hétérodoxes issus des analyses du pôle écologique du Parti Socialiste, qui esquissent une analyse et une réponse différentes face à la crise actuelle.
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