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Ségolène Royal. Plan de relance : "des mesurettes pas à la hauteur

Par Wingate :: jeudi 04 décembre 2008 - 17:42 :: ACTIVITE DE SEGOLENE ROYAL

Plan de relance : "des mesurettes pas à la hauteur" pour Ségolène Royal

 

Ségolène Royal a estimé que le plan de relance de l'économie annoncé jeudi 4 décembre par Nicolas Sarkozy était constitué de "mesurettes qui ne sont pas à la hauteur du problème". Elle a notamment préconisé une "supression du paquet fiscal" qui permettrait, selon elle, de verser un 13ème mois à 8 millions de Français ayant de faibles revenus ainsi que la supression des niches fiscales qui permetrait de verser "avant Noël un chèque énergie de 1 000 euros à 20 millions de Français" aux revenus modestes. "La crise doit nous servir à définir un autre modèle économique et fiscal", a-t-elle poursuivi, estimant que le président est "est déconnecté de la base et qu'il a perdu le sens des réalités de la vie quotidienne des Français".

Pour le sénateur Jean-Luc Mélenchon, le plan du président est un "plan Medef" qui offre "de nouveaux cadeaux aux entreprises, sans moyen véritable pour soulager les travailleurs eux-mêmes et les ménages"."C'est Noël avant l'heure pour les patrons!", dénonce le fondateur du Parti de gauche pour qui "le nécessaire bouclier social pour les travailleurs reste introuvable". Le Parti communiste français (PCF) apparente quant à lui le plan de Nicolas Sarkozy à un "aveu d'échec" : "le président de la République reconnaît sa propre responsabilité et celle de sa majorité, avec la casse du tissu industriel dénoncée par le PCF depuis plus trente ans". "Quand Sarkozy relance, les salaires restent au point mort", regrette le parti. 

Plus mesuré, Didier Migaud, président socialiste de la commission des finances de l'Assemblée nationale, a lui déploré, sur LCI, un plan contenant "des erreurs économiques et sociales" et qui soit "davantage un plan de rattrapage, de recyclage". "Du coup, ce ne sera pas significatif et utile et juste pour sortir notre pays de la crise"."Il y a un grand absent dans ce plan, c'est le pouvoir d'achat et le soutien à la consommation (...). Certes, il y a 200 euros pour les bénéficiaires de la prime pour l'emploi qui concerne neuf millions de personnes".

"LES MOINS DE 25 ANS SONT UNE FOIS DE PLUS OUBLIÉS"

Le secrétaire général de la CGT Bernard Thibault s'est montré très critique envers le plan du chef de l'Etat. "Tout cela ne correspond pas au degré d'urgence que l'on constate dans les entreprises", a-t-il estimé. "Si on voit l'appareil industriel fondre comme neige au soleil, ce sera trop tard." Il a notamment déploré l'absence de mesure pour lutter contre la délocalisation et les licenciements en cours dans un grand nombre d'entreprises en France.

Pour la plupart des syndicats d'ailleurs, le plan de relance du chef de l'Etat ne s'adresse pas suffisamment aux plus pauvres. FO "déplore l'absence totale de mesures sur le pouvoir d'achat et le déséquilibre patent entre soutien de l'offre et relance de la demande". Le syndicat regrette que "la communication présidentielle esquive soigneusement la question du soutien des dépenses de consommation". Pour la FSU, le plan de relance "comporte des mesures ponctuelles et très limitées envers les plus défavorisés, il omet totalement les instruments qui permettraient une politique salariale susceptible de contribuer à une relance de la consommation". Le secours catholique juge que la prime de 200 euros aux futurs bénéficiaires du RSA est un "un coup de pouce", mais elle "ne remplace pas une revalorisation des minima sociaux, qui ne cessent de prendre du retard sur le Smic". "De plus, les jeunes de moins de 25 ans sont une fois de plus oubliés", regrette l'association.

LA CRISE EST "UNE CHANCE DE MODERNISER LA FRANCE"

Pour Alain Rousset, président socialiste de l'Association des régions de France, ce plan de relance "va dans le bon sens" si l'Etat met de l'argent. Il a apprécié que le chef de l'Etat cite les contrats de plan Etat-région qui "ont pris un retard considérable", tous dus à l'Etat selon Rousset.

Pour Nicolas Dupont-Aignan, député non-inscrit et président de Debout la République, ce plan ne suffira pas. "Nicolas Sarkozy ne doit pas se contenter de ce plan, mais en accroître tout de suite le montant (...) et surtout mettre en oeuvre une réorientation radicale de la politique économique, avec la modulation de l'IS [impôt sur les sociétés] pour les entreprises qui réinvestissent leurs profits, la dévaluation de l'euro, un réel effort de relance dans chaque pays membre, et l'instauration d'un protectionnisme européen raisonnable aux frontières de l'UE."

Porte-parole de l'UMP, Frédéric Lefebvre salue logiquement un plan de relance "sans précédent" ,  qui "fait de la crise une chance de moderniser la France en ciblant des moyens publics puissants sur des leviers de croissance et d'emplois". "Le président de la République a choisi d'investir dans l'avenir", ajoute-t-il.

Bernard Accoyer, président de l'Assemblée nationale, estime lui que "le président de la République redonne confiance à tous les Français, par l'ampleur sans précédent des mesures annoncées, leur immédiateté, qui s'accompagnent d'un allègement des contraintes bureaucratiques pesant sur notre économie et d'un nécessaire souci de justice sociale".
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