Comme chacun s’y attendait, Nicolas Sarkozy vient de confirmer la construction d’un second réacteur nucléaire EPR, après celui qui est actuellement en travaux sur le site de Flamanville.
Cette décision est triplement regrettable.
Sur la forme, d’abord. Une fois de plus, et comme la question nucléaire en a donné mille exemples, la décision tombe d’en-haut comme le fait du prince. Le Parlement n’est pas saisi, l’enquête publique prescrite par la loi n’est pas lancée. A quoi sert, dans ces conditions, d’avoir une charte de l’environnement intégrée à notre Constitution qui prévoit que « Toute personne a le droit de participer à l'élaboration des décisions publiques ayant une incidence sur l'environnement »?
Sur la date, ensuite. Annoncer la construction d’un second EPR alors que le chantier de Flamanville fait apparaître des malfaçons alarmantes dans la superstructure de béton relève de la provocation. Mais surtout, procéder à une telle annonce trois jours après le début de la présidence française de l’Union européenne, et alors que Nicolas Sarkozy prétend faire de la question énergétique l’un des enjeux du semestre à venir est une faute. Quelle chance se donne la présidence française d’aboutir à une politique commune si elle lance à la face des 27 que pour sa part, la France a déjà fait son choix et entend bien imposer son modèle ?
Mais c’est sur le fond que cette décision apparaît la plus contestable. Nicolas Sarkozy, dans son discours du 25 octobre 2007 en conclusion du Grenelle de l’environnement, avait affiché comme priorités la modération et l’efficacité énergétique « Notre première priorité est de réduire notre besoin d’énergie. L’objectif est d’améliorer de 20 % notre efficacité énergétique en 2020. » A l’heure où, par exemple, le volet logement du Grenelle – qui devrait être l’un des plus ambitieux en termes d’économies d’énergies – n’est toujours pas financé, il est inexplicable que l’Etat encourage l’investissement de 3 à 4 milliards d’euros dans des capacités de production supplémentaires. Car il ne s’agit pas ici de renouveler le parc français, dont le prolongement de la durée de vie est précisément en cours de négociation. Nous pensons totalement déraisonnable que la France devienne ainsi progressivement une véritable plate-forme nucléaire chargée d’approvisionner toute l’Europe en électricité, tout en gardant les risques et les déchets.
Tout le monde le reconnaît, le nucléaire ne peut être LA solution à la crise énergétique mondiale, Seule la modération énergétique, la recherche d’une plus grande efficacité et les énergies alternatives sont à la hauteur des enjeux. C’est bien d’une autre politique dont nous avons besoin en matière d’énergie.
Communiqué du 3 juillet 2008.
(pole ecologique du PS)
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