Le président des droits de l’homme invite Bachar el-Assad à Paris pour le quatorze juillet
win32lozSi vous avez aimé Muammar Khadafi en décembre, vous apprécierez alors sûrement Bachar el-Assad en juillet. En effet, l’Elysée a annoncé, il y a quelques jours, la présence du dictateur syrien à Paris pour la Fête Nationale, sans que cela ne déclenche d’émotions particulières, un peu comme s’il était vain, depuis longtemps, de chercher à comprendre ce que pouvait dire et faire le Leader Minimo dans le domaine de la politique étrangère. D’ailleurs, c’est bien simple, même Rama Yade a eu une extinction de voix…

Quelques jours à peine après s’être rendu à Beyrouth pour saluer le tout nouveau président Libanais, le Général Michel Sleiman, ne voila-t-il pas que Sarkozy a envoyé dimanche 15 juin à Damas, deux « connards de l’autre rive [de la Seine] » (expression © Claude Gloasguen), Jean-David Levitte et Claude Guéant, respectivement conseiller diplomatique et secrétaire général de l’Elysée, pour discuter avec les autorités syriennes et faire ainsi avancer les efforts de réconciliation entre la France et la Syrie.
Quant à Kouchner, le ministre étranger aux affaires, il a été soigneusement écarté, alors même que Sarkozy l’avait envoyé, à maintes reprises, dans le bourbier libanais, se réservant ainsi le terrain, médiatiquement plus porteur, de la négociation avec les FARC pour la libération d’Ingrid Betancourt.
Maintenant, l’air du temps est à la réconciliation avec Damas et Betancourt est toujours dans la jungle colombienne. Finies les bisbilles diplomatiques nées de l’assassinat en février 2005 de l’ancien Premier ministre libanais Rafic Hariri (ami intime de Jacques Chirac… ce dernier d’ailleurs réside dans un appartement parisien appartenant à la famille du défunt premier ministre), pour lequel Damas a été soupçonné d’avoir participé. Finies aussi les froidures de décembre 2007 quand Sarkozy estimait qu’il n’y avait rien à attendre du régime syrien, un mois à peine après avoir renoué le contact avec lui ! On paraît s’acheminer à nouveau vers un réchauffement. Reste à savoir lequel. L’histoire ne le dit pas. En attendant, cette politique de revirements permanents donne singulièrement le tournis.
D’ailleurs, c’est bien simple : même Muammar Khadafi, l’ami de Nicolas Sarkozy, semble largué. Peut-être vexé de ne pas avoir été invité à mâter les jolies jambes des parisiennes dorées par le soleil d’été, il a purement et simplement torpillé le projet d’union méditerranéenne de son ami Nicolas. Pour le guide lybien, il s’agit d’une tentative de briser l’unité du monde arabe. Pas sûr donc qu’il apprécie le rapprochement franco-syrien.
Les Libanais, eux, n’ont même pas eu le temps de se rendre compte à quel point le président Sarkozy les avait pris pour des blaireaux. Même l’opposition française s’est faite rouler dans la farine, en acceptant de se joindre au cortège présidentiel, au nom de l’amitié franco-libanaise. Avec Sarkozy, oui, on le sait, tout va très très vite… Cependant, quelques critiques au Liban ont timidement commencé à fuser. Ainsi, l’ancien président libanais Amine Gemayel a souligné l’empressement de la France et rappelé que si le Liban avait peut-être un président, il n’avait toujours pas de gouvernement (en France, c’est un peu la même chose : on a bien un bonhomme qui essaie d’être président, mais personne ne sait au juste qui est le premier ministre).
Mais qu’à cela ne tienne ! Dans sa volonté d’aligner la politique étrangère de la France sur la calamiteuse doctrine néo-conservatrice de George W. Bush, Sarkozy se livre avec gourmandise à ses naïves petites combinazzioni, qui doivent bien faire rigoler le président syrien.
Quand George W. Bush réclame de la Syrie qu’elle cesse d’être de connivence avec les Iraniens, Nicolas Sarkozy affirme, en montrant ses petits bras aussi épais que des sandwiches SNCF, qu’il est « inacceptable » que l’Iran se dote de l’arme atomique.

On imagine sans peine que Bachar el-Assad va acquiescer poliment au sketch des deux comiques et qu’il va prendre le risque politique de se heurter frontalement à l’Iran pour leur faire plaisir, alors que son pays compte 11% de chiites (de branche alouite, dont il est issu), et alors que l’on sait que le Hezbollah libanais est armé par l’Iran et que les armes transitent notamment par le territoire syrien.














